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Taxis Toulousains : À bout de course

PAR Philippe SALVADOR | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 10 min

Taxis toulousains, reportage chez les mal-aimés, uber, Toulouse, Boudulemag, Boudu, Photographe Matthieu Sartre, article de Philippe Salvador

Raillés pour leur poujadisme et leur propension à donner leur avis sur tout, vilipendés pour leur cupidité et leur mauvaise foi, critiqués pour leur brutalité, on les accuse de tous les maux, en particulier depuis l’avènement d’Uber et leur choix de paralyser la société pour faire entendre leurs revendications. Mais au juste qui sont les chauffeurs de taxi et comment ont-ils réussi le tour de force d’entrer dans le cercle restreint des professions les plus détestées de France aux côtés des assureurs, des agents immobiliers, des journalistes et des banquiers ? Boudu s’est installé à l’arrière des taxis, pour tailler le bout de gras avec ces souffre-douleurs de la société.

« Tu vas voir qu’ils vont tout nous foutre en l’air ! ». Il a l’air un peu remonté comme ça avec son teint rouge et ses yeux globuleux, mais Thierry Renault est en réalité de très bonne humeur. À 50 ans, en fin de droit à Pôle Emploi après 30 ans passés à vendre des chauffages et des sanitaires, il vit son premier jour en tant que chauffeur de taxi. Son nouveau numéro de téléphone tout juste attribué, il va l’imprimer sur autant de cartes de visite et de prospectus que possible. Peu enclin à racheter une licence, « un morceau de papier qui ne vaudra peut-être plus rien dans cinq ans », il a opté pour une licence gratuite. En contrepartie, il a dû choisir un périmètre, autour de Montcabrier, le village où il habite près de Lavaur, où la concurrence est quasi inexistante, « vu que c’est le trou du cul du monde et qu’y a qu’un seul taxi à 15 kilomètres à la ronde. Y’en a, faut s’en méfier, la France entière est à eux. Les mecs, ils t’arrêtent et ça part en bouffe. C’est vraiment un monde de requins, faut en vouloir pour y entrer ! ». Planté devant l’atelier de M’sieur Gaudel, l’installateur d’équipements, Thierry Renault attend sa Peugeot. L’élégante 508 Break grise est sur le point d’être baptisée, lumineux sur le toit, taximètre au rétro et imprimante près du volant pour les bons de course. La tête sous le capot, le mécanicien finit de relier les câbles : « Je mets des…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.