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Pierre Cohen : L’amour vache

PAR Jean COUDERC et Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE et Frédéric SCHEIBER
Temps de lecture 15 min

Après avoir expliqué, dans le précédent numéro, comment il s’était, au fil du temps et des expériences, construit une foi inébranlable dans la gauche réformiste, Pierre Cohen revient, dans la deuxième partie de cette conversation, sur la relation singulière et chaotique qu’il entretient avec Toulouse. De sa conquête imprévisible de Toulouse en 2008 à sa cuisante défaite de 2014, en passant par ses années tumultueuses d’exercice du pouvoir, l’ancien pensionnaire du Capitole dit tout et n’épargne personne. Pas même Pierre Cohen.

Pourquoi dites-vous être devenu maire de Toulouse grâce à Lionel Jospin ? Parce que j’étais presque sûr qu’on allait gagner la présidentielle en 2002. Dans mon esprit, j’allais m’investir au sein d’une commission comme le fait aujourd’hui Catherine Lemorton. Entre 1997 et 2002, j’avais pris beaucoup de plaisir dans mon mandat de député. C’était très satisfaisant intellectuellement. Vu que, d’autre part, je commençais à avoir un peu fait le tour de la question à Ramonville, j’avais décidé d’annoncer que j’allais quitter mon mandat de maire.

Ramonville ne vous suffisait plus ? Quand vous travaillez à l’Assemblée Nationale sur les enjeux de l’aéronautique, la recherche ou le monde universitaire, vous êtes sur des problématiques nationales. Toulouse me donnait la possibilité de faire, à plus grande échelle. Donc en 2002, je suis allé voir Mirassou en lui proposant de travailler avec lui pour conquérir Toulouse.

Vous veniez pourtant d’être réélu en tant que député, contre celui qui allait devenir votre meilleur adversaire, Jean-Luc Moudenc… En effet, dans une élection où tout le monde me donnait perdant. Chirac venait d’être élu avec 82% des suffrages. Je me rappelle que toute la presse suivait Moudenc le dernier dimanche. Ma victoire m’a procuré un plaisir aussi intense que lors de mon succès aux législatives en 1997. C’était un plaisir personnel, surtout par rapport à Moudenc avec qui je n’étais déjà pas très copain. Mais député dans l’opposition, c’est moins intense que dans la majorité.

Pourquoi décidez-vous de faire alliance avec Mirassou ? Nous étions copains et appartenions aux mêmes courants de pensée au PS. En revanche, nous divergions sur la manière de conquérir Toulouse : il avait une perception traditionnaliste de la ville, proche du mythe du Toulousain-cassoulet, qui l’amenait à considérer que c’était par le centre qu’il fallait la conquérir. Alors que moi, je pensais qu’il valait mieux venir de la gauche pour fédérer l’ensemble de la gauche. Il n’avait pas de Toulouse la vision d’une ville rebelle.

Qu’est ce qui vous conduisait à considérer Toulouse comme une ville rebelle ? D’abord parce qu’il y a 10 à 15% de l’électorat qui ne se retrouve pas dans l’électorat traditionnel. Je pense aux Motivés, à Joël Lécussan ou aux gens issus du milieu culturel que je qualifierais de rebelles permanents. Sans oublier la gauche traditionnelle capable, comme Jean-Christophe Sellin lors de l’élection municipale de 2014, de rentrer dans la logique du Tout sauf le PS. Ensuite parce que Toulouse n’est pas un gros village avec une bourgeoisie qui s’enkyste. C’est une ville constituée de gens qui ont les mêmes envies que les Parisiens ou tout autre habitant d’une grande ville.

On présente pourtant souvent Toulouse comme un ville de réseaux… Certes mais elle n’a pas de lobby hégémonique comme les propriétaires viticoles à Bordeaux ou les industriels à Lyon. Ici, il y a des réseaux mais pas de castes. Du reste, la génération des ingénieurs, des chercheurs, des scientifiques avait commencé à gagner les villes périphériques, avec moi à Ramonville, Fillola à Balma, Raynal à Tournefeuille ou Keller à Blagnac. Il n’y avait pas de raison que Toulouse, à un moment ou à un autre, ne soit pas portée par cette vague.

Pierre Cohen arrive devant son QG de campagne à l'issu des premières estimations le donnant gagnant aux éléctions municipales devant Jean Luc Moudenc le Maire sortant. 16/03/08 Toulouse Frédéric Scheiber

Bain de foule pour la victoire aux municipales.

Finalement vous ne faites pas équipe avec Mirassou. Pourquoi ? En 2004, alors qu’il vient juste d’être élu conseiller général, il annonce qu’il va être candidat à la Mairie de Toulouse, sans m’en parler. J’ai été surpris parce que je pensais que c’était quelque chose que nous étions en train de construire ensemble. Du coup, j’ai décidé de l’être aussi. Mais sur le moment, personne ne s’est ému de ma décision !

Pourquoi ? Entre la bande de Simon qui n’avait pas baissé les bras, Pierre Yzard qui voulait avoir son propre candidat et ceux, plus nombreux encore, qui poussaient derrière Malvy, je n’avais aucun soutien. Cela m’a amené à penser une stratégie seul contre tous. Mais j’étais convaincu que j’étais la bonne personne parce que j’étais celui qui connaissait le mieux Toulouse. C’est paradoxal parce que Moudenc m’avait attaqué sur le fait que je n’étais « qu’un petit maire de ville de banlieue ». Mais par mes responsabilités de député, je connaissais bien les quartiers et je fréquentais, même si je n’en faisais pas trois tonnes, tous les hauts responsables de l’aéronautique et du spatial.

 

Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Alors oui, gagner en 2008, c’était une sorte de petite consécration : je rentrais dans l’histoire de Toulouse.

 

Vous n’avez donc jamais douté de devenir le candidat de la gauche en 2008 ? Le plus difficile était de faire comprendre au plus grand nombre que j’étais la bonne personne. L’indifférence que je suscitais au sein de la gauche traditionnelle du PS a fait que j’ai eu la paix pour construire ma liste, consolider ma notoriété et construire ma crédibilité de futur maire de Toulouse. Par ailleurs, je ne voyais pas comment Malvy allait sauter le pas : avec son image extraordinaire de Président de Région qui avait réussi, je le voyais mal se lancer à l’assaut de Toulouse. Aussi, le soir où il m’a appelé pour me dire qu’il ne serait pas candidat, je savais que c’était bon. Le lendemain, pour l’inauguration du Bikini, certains avaient les lunettes noires alors que moi j’avais la banane. Ils ne m’avaient pas vu venir.

Le fait que les autres n’aient pas cru en vous vous a finalement stimulé… Évidemment. C’était un défi. Quand vous pensez être là un peu par défaut, parce que Malvy n’y est pas, ça décuple l’envie de gagner. Surtout face à Moudenc qui était tellement sûr de lui et méprisant à mon égard. J’ai par exemple appris qu’ils ont ouvert le champagne au Capitole quand ils ont su que j’étais le candidat de la gauche. Ils pensaient avoir gagné.

À quel moment avez-vous senti que la victoire était envisageable ? Dès le début. Je ne me lance pas dans une élection pour perdre. On entendait partout que Toulouse s’était endormie, que c’était une ville figée notamment en terme de gestion. Ce qui nous a un peu aidé c’est que les Toulousains s’en rendaient compte. Et puis les militants ont fortement joué le jeu, tout comme les associations, les parents d’élèves, ceux qui travaillaient autour du logement, de la culture. J’ai vraiment commencé à y croire une dizaine de jours avant le premier tour lorsqu’un sondage nous mettait au coude à coude. Il y avait un réel désir de changement. Mais pas un désir de moi. J’ai toujours du mal à imaginer qu’on puisse me désirer. D’ailleurs j’aime bien cette phrase de Talleyrand : « Quand je me regarde, je me désole mais quand je me compare, je me console ».

Comment avez-vous vécu la victoire ? Intensément. Dans les derniers jours, tout s’accélère jusqu’au jour où il y a 15 000 personnes, place du Capitole, qui vous remettent les clefs de la Ville. Et là vous réalisez que vous êtes celui qui a mis fin à 37 ans de droite à Toulouse. Il y a quand même une fierté personnelle. Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Alors oui, c’était une sorte de petite consécration : je rentrais dans l’histoire de Toulouse.

Et le jour d’après ? On flotte. Et puis tout de suite, on est dans l’excitation de faire. Et cela a été le cas pendant tout le mandat. On est dans un défi permanent. Tout est passionnant, même les petits projets. Plus on ouvre les dossiers, plus on donne du sens. Et tout passe très vite. Il n’y a pas un instant de répit. On vit passionnément les choses. On se lève à 6h15, on travaille jusqu’à 22h30.

Bain d'huiles pour le début du chantier d'Aéroscopia.

Bain d’huiles pour le début du chantier d’Aéroscopia.

Avec le recul, que retenez-vous de votre ac- tion au Capitole ? Avant tout d’avoir donné un coup de fouet à la ville, d’avoir su la sortir de ce statut de gros village où il faisait bon vivre mais où on loupait les trains. L’action la plus marquante est d’avoir créé une Communauté urbaine. Mais aussi d’avoir montré, au travers de la Cité de la connaissance, qu’il y avait une adéquation entre l’identité de cette ville et le savoir. Enfin, d’avoir relevé le défi du transport, en réglant le problème financier, et d’avoir lancé le projet urbain avec Busquets.

Administre-t-on Toulouse comme Ramonville ? À Ramonville, j’avais déjà réfléchi à l’évolution de la ville. Mais à Toulouse, on est obligé de réfléchir sur l’ensemble de l’agglomération. Je n’ai pas fait, et c’est peut être mon défaut, énormément de distinctions entre Toulouse et la Métropole. J’ai pensé que l’agglomération était unique alors que les gens aiment leur proximité. Travailler pour le centre-ville, c’est travailler pour l’agglo. Mais Moudenc a eu l’intelligence d’aller chercher, sur le terrain, les frustrations.

C’est ce qui explique votre défaite ? En partie. On ne peut pas nier que le contexte national nous a pénalisé. Mais on a peut-être lancé trop de sujets majeurs en même temps alors que je savais qu’ils étaient complexes à comprendre. Sauf à être convaincu qu’on avait plutôt 12 ans que 6 ans. Et c’est peut-être l’erreur que nous avons commise. D’autant que, contrai- rement à ce que je croyais lors de ma victoire en 2008, nous n’étions pas à la fin d’un cycle.

Vous conceviez tellement cette élection comme un point d’étape que vous avez donné l’impression de ne pas avoir envie d’y aller. Vous vous en êtes aperçu ? Oui, je regrette aujourd’hui de ne pas avoir fait une campagne comme si on avait à gagner contre quelqu’un. Comme il n’y avait pas grand chose dans ce que Moudenc proposait, et que je sous-estimais la somme des choses qu’il avait su cristalliser, je ne me suis pas méfié. Dans le porte à porte, une bonne partie des retours était positif. Dans les réunions publiques, il y avait peu de contestation. On était assez confiant. Peut-être trop, notamment dans notre électorat. On prenait déjà des rendez-vous pour l’après : on agissait comme s’il était sûr qu’on allait se retrouver pour continuer le projet.

Vous disiez que Moudenc vous méprisait, mais vous ne l’épargnez pas non plus… On n’a jamais eu de complicité. Je le combats pour ce qu’il est, quelqu’un de tout sauf consensuel et rassembleur, et pour ce qu’il incarne, c’est-à- dire une façon de faire la politique archaïque et conservatrice. Il ne supporte pas le débat, d’être contesté. Je suis tout le contraire. Je trouve que dans la période que l’on traverse on a besoin d’être dans la controverse pour aller chercher plus loin que le conformisme et le consensuel.

EN 2008 AU CAPITOLE, ILS ONT OUVERT LE CHAMPAGNE QUAND ILS ONT APPRIS QUE J’ÉTAIS LE CANDIDAT DE LA GAUCHE. ILS PENSAIENT AVOIR GAGNÉ.

 

Reconnaissez-vous un défaut de communication, en particulier sur le débat d’entre deux-tours où l’on avait eu l’impression que d’un côté une phrase suffisait à résumer une pensée tandis que de l’autre il fallait du temps pour développer une pensée ? Oui, en effet, ça donnait l’impression du sécuritaire contre le laxiste. Chez Moudenc, il y avait un message rapide, audible et lisible, attendu par un plus grand nombre, avec je crois un fond de démagogie. Mais c’est quelque chose qui comporte des risques. Prenons l’exemple de la déchéance de nationalité : cette mesure permet de donner l’impression que l’on est ferme, dans une période d’urgence, alors que tout le monde sait que cela ne sert à rien. Même le premier ministre. C’est un débat qui pourrait nous conduire à revenir sur la peine de mort !

N’est-on pas tenté dans l’exercice du pouvoir de prendre ce genre de mesure symbolique pour se laisser le temps de travailler ? Quand j’ai pris la décision d’interdire la consommation d’alcool dans la rue, je n’étais pas convaincu que c’était la bonne méthode. Je pensais qu’il valait mieux travailler avec les patrons de café. Mais j’entendais aussi les policiers me dire que les jeunes les narguaient avec des bouteilles d’alcool à la main. Comme les dérives liées à l’alcool au centre-ville me faisaient craindre le pire, j’ai décidé de faire preuve de fermeté.

Faut-il comprendre qu’il y a des décisions qu’on prend quand on est élu qu’on n’aurait pas pensé prendre quand on était candidat ? Oh oui ! Sur la culture, je pensais réduire tout ce qui tournait autour de l’orchestre du Capitole pour donner plus de moyens à d’autres cultures émergentes. Mais quand je suis arrivé et que j’ai vu que Sokhiev était à deux doigts de se faire virer et que pour le garder il fallait embaucher 17 musiciens supplémentaires, eh bien on l’a fait. J’imaginais aussi qu’il suffisait d’enlever un opéra par an pour économiser 1 million d’euros. Sauf que les opéras se programment 4 ans à l’avance !

Pierre Cohen Conseil municipal mars 2016-8662

La démocratie participative ne s’est-elle pas retournée contre vous, notamment dans le monde de la culture où les acteurs ont plus eu le sentiment d’être ignorés qu’écoutés ? Dans la culture, ce qui est malheureux c’est que pour un grand nombre, s’ils ne sont pas sous l’arrosoir, ils sont mécontents. On a pourtant construit une politique publique de la culture en veillant à préserver les fondamentaux existants. Le problème de la culture, ce n’est pas seulement d’aider les acteurs. C’est de donner du sens. Après ça crée des frustrations parce que tout le monde n’a peut-être pas eu ce qu’il voulait. Mais globalement, elles se sont atténuées avec le temps.

Une vision qui s’appuyait beaucoup sur la culture scientifique symbolisée par l’inauguration récente du Quai des Savoirs. Pourquoi est-ce si important à vos yeux ? La culture scientifique ce n’est pas seulement redonner le goût des filières scientifiques. Nous vivons dans un monde de folie où les gens doutent de la science. On ferait mieux de douter de ce qu’on fait de la science. Il faut donc avoir une culture scientifique pour que dans les débats, les obscurantistes qui utilisent la peur du progrès n’obtiennent pas gain de cause.

 

À TOULOUSE, IL Y A DES RÉSEAUX MAIS PAS DE CASTES.

 

Comment avez-vous vécu la défaite, et notamment les mises en cause personnelles ? C’est dans ma responsabilité d’assumer. J’ai souhaité analyser les raisons de la défaite en lançant une réflexion et un débat, d’abord en interne, puis avec nos sympathisants. À titre personnel, j’ai un caractère à ne pas me lais-ser abattre. Mais les attaques de Moudenc m’ont blessé car il a essayé de faire croire que l’on avait ruiné la ville. Heureusement que je n’avais pas l’image d’un mec qui s’en mettait plein les fouilles. J’ai mis un an à digérer ces attaques. Mais vu qu’il est exactement comme je le pensais, c’est-à-dire sans ambition ni vision, les gens sont en train de se rendre compte que moi, j’en avais une. Cette reconnaissance, même tardive, est satisfaisante pour l’esprit.

L’un de vos anciens adjoints considère néanmoins que vous avez été un bon maire de Toulouse mais un mauvais maire pour les Toulousains. Comprenez-vous cette critique ? C’est tellement facile de jouer sur mon caractère. C’est vrai qu’a priori, je ne tape pas dans le dos, je ne fais pas de compliments le premier jour. Mais quand on me connaît, on sait que j’ai une véritable capacité à discuter et entendre. La différence, c’est qu’à un moment, j’ai un avis et des convictions. Et quand c’est le cas, je les défends. On m’a reproché de ne pas avoir été médiatique, emblématique et incontournable. Mais Delanoë, Juppé, Colomb, ou Aubry, ne l’ont pas été au début. Dans un premier mandat, il n’y a pas d’amour avec les habitants. Ce n’est qu’au second, quand ils voient les réalisations, qu’ils deviennent fiers de leur maire.

Pierre Cohen Conseil municipal mars 2016-8639Le résultat du scrutin vous a-t-il changé ? Ce qui me change, c’est que j’ai du temps. Du coup, plein de gens me disent : « Ah maintenant tu es bien, tu prends le temps de parler. » Mais je ne l’avais pas avant ! Certains auraient préféré que je sois davantage sur les marchés et dans les bistrots qu’en réunion. Mais il faut du temps pour faire le tour des sujets. Si je devais être candidat en 2020 je prendrais certainement plus de temps pour rencontrer les gens.

Cela rejoint d’ailleurs Jean-Luc Moudenc qui, dans le numéro de BOUDU de novembre dernier, estimait que vous n’aviez pas su créer une histoire d’amour avec les Toulousains… Mais j’ai l’impression de vous parler d’amour quand je vous dis que j’avais la certitude que j’étais celui qui connaissait le mieux Toulouse ! Je pense être quelqu’un de très passionné. Mais avec de l’argumentation, de l’intellect. Parce que réfléchir sur la ville, c’est passionnant. Et je ne le vis pas qu’intellectuellement. Mais peut-être que je ne sais pas le montrer. Si je me représente, je travaillerai sur l’image de ma passion…

FINALEMENT, TRAÎNER UN PEU LE MATIN, CE N’EST PAS SI DÉPRIMANT.

 

N’êtes-vous pas tenté de faire comme Jean-Luc Moudenc qui, lorsque vous étiez maire tenait un blog dans lequel il faisait entendre sa voix ? C’est ce que je commence à faire. Mais personnellement, contrairement à plein de copains qui s’agitent parce qu’ils ont un retard de notoriété, moi, j’ai une notoriété, il suffit de se balader avec moi dans la ville. Beaucoup de gens me reconnaissent, me parlent, qu’ils m’aiment ou pas. Donc je n’ai pas énormément besoin de me faire connaître.

Cela vous donne envie d’y retourner ? Je ne me l’interdis pas. Il y a un an, j’avais l’impression d’être mis sur la touche par tout le monde, mes amis y compris. Depuis il y a des choses que j’ai faites qui retrouvent du sens. Pour l’instant je vais rester dans ma position d’opposant. Même si je ne me représente pas, je resterai très attentif au devenir des territoires des grandes villes parce que je l’ai chevillé au corps. D’ailleurs si la loi sur l’élection au suffrage universel passe au niveau de la Métropole, j’y réfléchirai sérieusement.

Comment se passe votre vie sans écharpe ? Au début, j’ai vécu la période difficilement : après 25 ans d’exécutif, il y a une sorte d’addiction au travail, à l’action publique et aux responsabilités. Donc il faut trouver un autre rythme puisque vous n’êtes plus obligé de vous lever à 6 heures. Mais on se reconstitue assez vite. Finalement, traîner un peu le matin, ce n’est pas si déprimant.

La première partie de cette conversation avec pierre Cohen est consultable ici : http://www.boudulemag.com/?p=2942

Cohen en scooter-0467

 

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.