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Hélène Bernard, ressource humaine

PAR Jean COUDERC et Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 15 min

Rectrice rectorat Toulouse

Mine de rien, elle s’apprête à faire sa troisième rentrée à la tête de l’académie de Toulouse. Nommée en juillet 2013 en remplacement d’Olivier Dugrip, Hélène Bernard s’est progressivement imposée dans le paysage sans qu’on sache précisément qui elle est, ni ce qu’elle fait. Car pour le grand public, la fonction de recteur reste obscure. On a donc voulu en savoir plus sur cette énarque au long parcours dans les services de l’État, qui rêvait, enfant, de vendre des salades, et pilote aujourd’hui l’enseignement régional sans avoir jamais voulu être enseignante. Rencontre avec la patronne du plus gros employeur de la Région.

Vous rappelez-vous de vos premiers pas à l’école ?

Je ne suis allée à l’école maternelle qu’une seule année parce que je savais déjà lire en arrivant. À l’époque, c’était moins régulé que maintenant. Je suis ensuite allée au lycée dans lequel j’ai fait toute ma scolarité. Une scolarité sans problème particulier, assez facile. C’était un lycée de filles, donc le corps enseignant n’était constitué que de femmes. Quand on y pense maintenant… Je n’ai connu la mixité qu’à la maternelle.

Aviez-vous des rêves de jeune fille ?

Je rêvais d’être marchande de salade à 4-5 ans, puis d’être pilote de chasse, vers 12-13 ans. Mais ce qui était important à mes yeux, c’était de ne pas être dépendante de qui que ce soit. J’avais vu ma mère se débrouiller toute seule pour nous élever. L’indépendance financière a donc été un moteur très tôt. Et puis je crois que je me suis laissée prendre par la logique des études.Hélène Bernard rectrice rectorat Toulouse

Vous aimiez l’école ?

J’aimais bien l’école mais je me suis ennuyée au lycée. Je n’y ai pas de souvenirs formidables, pas de mauvais non plus. J’étais peut être un peu paresseuse comme tous les jeunes. J’ai adoré mon professeur d’histoire en seconde, une prof de sciences aussi, en première. Mais aucun n’a déterminé mon orientation. Reste que, dans le système français, les très bons élèves élèves font S ou C. Vu que c’était mon cas, je ne me suis pas posée de questions. Et ce d’autant que je n’étais pas aiguillée par ma famille.

C’est-à-dire ?

Je ne suis pas du tout issue d’un milieu classique. J’avais des parents un peu marginaux : mon père avait commencé par faire de la photo, et puis comme c’était un amoureux du jazz, il faisait les press-books des jazzmen à Saint-Germain-des-Prés. Puis mes parents se sont séparés alors que je n’avais que 6 ou 7 ans. Mais ils ont continué à se voir. Ils appréciaient beaucoup de continuer à débattre, à s’engueuler. C’était un couple d’amis qui fonctionnait très bien. J’ai grandi dans un milieu très libertaire, dans une maison avec des chats, des chiens, un jardin. Et beaucoup de passage, notamment des artistes.

Votre famille ne nourrissait pas de desseins particuliers vous concernant ?

Elle m’a complètement laissée me débrouiller de crainte qu’en disant quelque chose, ce soit contre-productif. Je m’étais fabriquée une sorte d’autonomie. Reste que je ne savais pas très bien ce que je voulais faire. C’est d’ailleurs ce qui explique que je suis très indulgente avec les jeunes qui sont un peu désorientés. Car après un bon bac scientifique, normalement, j’aurais dû savoir !

J’ai d’abord tâté d’une classe préparatoire agro, puis je me suis arrêtée en cours d’année pour me promener. Pour gagner un peu d’argent, j’ai travaillé en tant que secrétaire de rédaction dans une société d’édition, qui éditait une revue d’études françaises et méditerranéennes. C’était des journalistes du Monde qui tenaient ça. Je lisais plein de papiers sur les politiques économiques, la géopolitique. Et ça m’a intéressée. Ça m’a donné envie de faire des études d’économie/droit/histoire. Vu que j’avais eu le bac à 17 ans, j’avais un peu de temps. Je me suis inscrite à la fac. Personne ne me disait rien, j’avais une grande liberté.

Mais vous ne restez pas longtemps à la fac ?

Je trouvais l’Université pas très dense. Donc après le deug, je suis rentré en année préparatoire à Sciences-Po tout en continuant ma maîtrise à Paris 1. Et puis j’ai fini Sciences-Po. C’était terrible parce que je ne savais toujours pas quoi faire après. Les études m’avaient intéressée mais je ne savais absolument pas ce que je voulais faire. Et puis la préparation au concours de l’ENA est apparue assez naturellement.

Vous êtes en train de nous dire que c’est en ne sachant pas quoi faire de votre vie que vous êtes entrée à l’ENA ?

En quelque sorte. C’est la terrible logique de la compétition au sein de l’IEP. J‘avais quand même choisi le service public plutôt que les relations internationales. Ce n’était pas un choix indifférent à Sciences-Po. Cela conduisait à la préparation de l’ENA, c’est clair. Mais avant, jamais je n’aurais pensé présenter le concours. Cela ne me paraissait pas accessible.

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis à propos de l’ENA ?

Intellectuellement c’était stimulant. Et puis le concours était intéressant à préparer. C’était très éclectique et ça correspondait bien à ce que j’avais fait avant. Du coup avec quelques amis, on a décidé de le présenter dans la foulée de Sciences-Po. Et là : catastrophe, je suis admissible. Comme je ne l’avais pas du tout prévu, je n’avais rien préparé pour la suite. Je n’y croyais tellement pas que je l’ai pris comme un jeu.

Et vous avez été recalée ?

Je me suis déguisée en énarque pour me présenter devant la brochette de hauts fonctionnaires qui composaient le jury : j’avais acheté une jupe plissée, je m’étais bien tirée les cheveux en arrière. Quand j’ai essayé de comprendre, quelques semaines plus tard, pourquoi cela n’avait pas marché, l’un des membres du jury m’a demandé pourquoi je m’étais habillée de la sorte. C’était la première fois que je ratais quelque chose. C’est toujours intéressant d’échouer, ça fait du bien.Hélène Bernard

Pourquoi avoir autant douté de votre capacité à l’obtenir ?

Je ne pensais pas que c’était pour moi, je ne me voyais pas énarque, cela ne correspondait pas à ce que je pensais être, un petit peu originale. Déjà à l’IEP, je détonnais un peu : tous mes copains venaient de milieux standardisés alors que chez moi, on tirait le diable par la queue. Et puis il n’y a pas de fonctionnaire dans la famille, donc je n’avais pas beaucoup de référence.

En entrant avez-vous eu l’impression d’accéder à l’élite de la France ?

L’idée d’appartenir à une élite procure une petite fierté, c’est incontestable. Et en même temps des doutes : est-ce que je serai capable d’assumer, est-ce que je suis faite pour ça ? Même si je me sentais dans mon élément, j’avais toujours ce sentiment, non pas d’être un passager clandestin, mais plutôt de ne pas être exactement dans le moule. Mais cela m’a permis d’acquérir une petite autonomie financière parce qu’à partir du moment où on rentre, on est élève-fonctionnaire et donc rémunéré. L’ENA, c’était donc aussi l’indépendance.

Tenter l’ENA se situait aux antipodes des convictions familiales, non ?

En effet. Ma famille était même franchement anarchiste. Sans être contre, elle ne portait pas l’État dans son cœur. Je pense que pour mes parents, l’ENA, c’est ce qu’il devait y avoir de pire. Ils ont été surpris que je choisisse cette voie, contents pour moi, mais cela ne les remplissait pas d’enthousiasme.

La réalité de l’ENA était-elle conforme à la mauvaise image qu’on en a généralement ?

Il est de bon ton de lui casser du sucre sur le dos. On peut dire beaucoup de chose sur le mode de sélection à la française mais objectivement, le concours de l’ENA est un moyen assez démocratique de promotion. Je ne sais pas si on peut faire beaucoup mieux. C’est un vrai parcours de réussite par la promotion républicaine et démocratique.

Que vous inspire le fait qu’en politique, ne pas sortir de l’ENA soit interprété comme une qualité ?

Je trouve ça très démagogique. C’est vrai qu’il y a beaucoup d’anciens élèves qui ont choisi de faire de la politique. Mais c’est aussi une école où, par définition, on est formé aux politiques publiques. Ce n’est pas la plus mauvaise formation pour accompagner des responsables politiques.

Comment l’interprétez-vous ?

Elle traduit une défiance un peu généralisée de l’élite politique en général en France. La concentration d’anciens élèves de l’ENA dans certains gouvernements, cabinets ministériels, responsables de grandes entreprises publiques, banques, donne l’impression que c’est une élite qui se connaît, qui tient les rênes du pays dans tous les domaines. Mais on pourrait dire la même chose des réseaux des anciens élèves des écoles de commerce.

Que faudrait-il faire pour y remédier ?

Peut-être que le fait d’être haut fonctionnaire, de s’engager en politique, tout en conservant la possibilité de retrouver ses fonctions quand on n’est plus élu conduit à ce que l’on ait une surreprésentation des fonctionnaires – pas que des énarques d’ailleurs –, dans la classe politique. Ça pose problème. À un moment, il faudrait devoir choisir : si vous décidez de vous lancer, il faudrait avoir le courage de démissionner de la fonction publique. Peut-être que dans l’opinion, à travers les critiques sur l’ENA, il y a aussi une critique de cette sécurité.

Que pensez-vous de l’initiative prise par Richard Decoing à Paris pour faciliter l’accès des élèves issus d’établissements difficiles ?

C’est une démarche de bon aloi. D’autres écoles le font à Toulouse au travers des cordées de la réussite. Même si cela ne résout pas tout. Le concours est démocratique car on vient s’affronter anonymement. Mais ce qui est important c’est ce qui se passe avant : qui vient se présenter ? La question de la sélection est réelle, incontestable et on lutte contre cela. Mais la lutte contre les inégalités produites par le système scolaire, objectif auquel je suis personnellement attachée, l’est tout autant.

À quoi attribuez-vous la faillite du système ?

On s’est aperçu que l’école fabrique, reproduit voire accroît les inégalités sociales par un système scolaire qui, avec les meilleures intentions du monde, tend à éliminer, trier des élèves pour amener une forme de réussite standardisée un peu trop formatée. Il n’y a pas de raison que les voies de l’enseignement supérieur soient réservées à un certain type d’élèves. Par contre on voit bien qu’il y a des obstacles à lever, notamment dans la tête des gens.

Vous dites avoir été tirée vers le haut par la compétition. Or, l’esprit de compétition n’a pas forcément bonne presse en France…

On ne peut pas dire que le système français rejette la notion de compétition. Mais le vrai sujet n’est pas là. Si on part du principe qu’il faut amener le plus possible de jeunes à la réussite, il faut impérativement qu’ils trouvent du plaisir à l’école. On ne peut pas susciter chez un jeune de l’enthousiasme, de l’intérêt pour ses études, donc le minimum de concentration, sans s’intéresser aux conditions de la motivation. Il faut créer des environnements propices à l’étude. L’émulation entre élèves, ce n’est pas négatif. Car ce n’est pas la compétition, le fait d’être meilleur que son voisin. Mais il y a la question de l’exemplarité.

N’est-ce pas un peu illusoire ?

Ce qui est illusoire, c’est de croire à l’égalité des chances sur la ligne de départ. Lorsque les parents valorisent le travail scolaire, c’est un peu plus facile que lorsqu’ils disent que cela n’a aucune importance, que cela ne sert à rien, voire que c’est nocif. Il existe des discours sur la nocivité de l’école, le lavage de cerveau que l’on y ferait. On voit bien un certain nombre de thèses qui émergent pour dissuader ou décourager ou désintéresser. Il faut donc rattraper ceux qui viennent avec de la peur ou de l’incompréhension. C’est une responsabilité gigantesque. Et c’est ce qu’on demande aux profs : faire réussir les élèves et lutter contre toutes ces pesanteurs sociales qui sont très fortes. Pour ça il faut travailler la qualité de l’enseignement.

Avez-vous, au cours de votre formation, envisagé d’enseigner ?

Jamais. Je n’ai peut-être aucun talent pour ça. Je n’ai pas du tout la vocation d’enseigner. Ça ne m’a pas effleuré l’esprit. Donc j’admire beaucoup ceux qui l’ont. Il y a des pédagogues nés. J’admire les enseignants qui ont ce don. Quand je les vois s’émerveiller devant un exercice, un projet réussi par leurs élèves, comme si c’était leurs enfants, j’ai envie de leur rendre hommage. On aimerait qu’ils soient tous comme ça.

Ce n’est pas le cas ?

Si, mais s’assurer que la politique édictée au niveau national sera bien mise en œuvre au niveau académique n’est pas chose aisée. Qu’est ce qui vous garantit que ce que vous allez faire ou dire sera vraiment appliqué dans la classe, que les professeurs vont s’en emparer, comprendre les objectifs et mettre en œuvre les nouvelles orientations académiques ? Car à la fin des fins, c’est l’enseignant qu’il faut toucher dans sa classe.

Et il faut le ménager ?

Ce n’est pas un scoop de dire que les enseignants, tout en étant assez respectueux de la hiérarchie, considèrent qu’ils sont autonomes. Car il y a ce que l’on appelle la liberté pédagogique. Mais cette liberté ne s’exerce pas dans un cadre indifférencié. On est dans une logique qui ne peut pas être seulement l’addition des stratégies individuelles des professeurs. D’où l’importance que le chef d’établissement soit lui-même un chef d’équipe, qu’il porte un projet pédagogique. Ce n’est pas toujours facile surtout quand on est dans un moment de transformation et de réforme.

Pourquoi a-t-on l’impression que la corporation des professeurs a du mal avec la réforme ?

C’est sans doute perçu ainsi parce que dès qu’il y a des réformes, il y a des oppositions syndicales fortes. La perception de l’opinion, c’est celle des syndicats qui s’expriment. Est-ce que ça veut dire que derrière les enseignants sont unanimes ? C’est moins évident. Regardez pour la réforme du collège : certains ont été un peu sur le reculoir, mais il y en a aussi qui se sont portés candidats pour expérimenter la réforme avant son entrée en matière. Mais leur scepticisme s’explique aussi par la succession de réformes depuis 30 ans.

C’est-à-dire ?

Chaque fois qu’un nouveau ministre arrive, il y a une réforme d’une partie de l’école. C’est la succession des réformes, parfois inachevées, objectivement et rarement après évaluation de la précédente, qui fait que cela développe une forme de lassitude, voire de fatalisme. Une réforme qui touche autant de monde, il faudrait se laisser le temps de l’évaluer. On ne peut pas obtenir des résultats immédiats. Prenons l’exemple de la réforme des collèges. Il faudra attendre 5 ans pour avoir un début d’évaluation. Mais politiquement, c’est pratiquement inaudible. Le temps politique a tendance à se raccourcir. Alors qu’avec l’école, il faudrait du temps long.Hélène Bernard

Faudrait-il prendre exemple sur un autre pays ?

Je ne crois pas qu’il y ait des modèles applicables. Il faut que chaque pays invente son système efficace avec son histoire, ses caractéristiques démographiques, économiques. De ce point de vue là, c’est peut être plus facile dans certains pays homogènes. La France est un pays très diversifié. Il y a des comparaisons faites par l’OCDE et produites à des dates régulières qui évaluent les résultats des élèves de 15 ans. La Finlande, la Corée du Sud ont de très bons résultats, meilleurs en compréhension mathématique, de la langue, capacité de lecture, compréhension d’un texte. La France a régressé, c’est incontestable.

Ce constat est-il partagé par tout le monde ?

En France, on a commencé à mettre en cause la méthodologie des enquêtes. On a eu une réaction de repli, de défense en se retranchant derrière un système éducatif français un peu auto-proclamé l’un des meilleurs du monde. On a vraiment accepté de prendre en compte ces résultats assez récemment, à partir de 2008.

L’accroissement des écarts signifie-t-il que l’on forme toujours aussi bien les élites ?

Oui et que les élèves qui ont de mauvais résultats ont de plus mauvais résultats. Ça veut dire qu’on ne prend pas suffisamment en compte « l’individu élève ». L’organisation scolaire trop classique ne laisse peut être pas assez de place aux travaux personnels, à la motivation, à l’activité. Les élèves sont trop passifs. On s’ennuie en classe, c’est constaté. On laisse de côté trop souvent des élèves qui ne se font pas remarquer mais qui décrochent silencieusement. Ce n’est pas une caricature. Il faut amener à des méthodes pédagogiques davantage proactives capables de prendre en compte tout type d’élève.

Dispose-t-on déjà de ces méthodes ?

On a beaucoup de choses qui fonctionnent très bien. Des établissements où il y a une super ambiance, des professeurs qui se démènent et travaillent ensemble, des élèves heureux d’aller au collège ou au lycée. Ça existe. Mais pour ça, il faut qu’il y ait un travail d’équipe. Quand c’est le cas, ça se traduit par de meilleurs résultats aux examens et moins de décrochages.

D’où la nécessité de convaincre les chefs d’établissement de mener une politique pro ?

Oui, car ils ne sont pas des administrateurs de budget, de réglementation et de personnel. Chef d’établissement, c’est un chef d’équipe avec lequel je partage mes objectifs et je m’attache au bon environnement. Ces démarches-là, un peu managériales, produisent des effets tout à fait bénéfiques. Oui, il faut passer par ces relais. La formation des chefs d’établissement, comme des professeurs, est stratégique.

Vous insistez sur la nécessité de travailler sur le désir des élèves. Ne faut-il pas procéder de la même manière avec les professeurs ?

Oui mais beaucoup adorent ce métier ! Certains sont en difficultés personnelles. Donc il faut travailler sur le désir des profs. Ça suppose de travailler sur l’isolement qui est quelque chose de difficile à vivre. La formation est une réponse : il faudrait qu’elle soit plus fréquente. Après, le désir, on l’entretient aussi avec la reconnaissance. C’est très important de valoriser le travail des enseignants en leur envoyant des signaux d’encouragement, notamment au travers de la mise en place de concours. Ce n’est pas anecdotique : cela relève d’une sorte de management qui motive les élèves mais aussi les professeurs.

C’est votre premier poste de rectrice. Est-ce conforme à ce que vous imaginiez ?

Ce que je réalise, c’est à quel point c’est un métier de chef d’orchestre. La mission la plus importante, c’est celle du pilotage pédagogique. Ce que je trouve le plus riche, c’est de faire travailler tous ceux dont les compétences sont complémentaires mais si l’on n’y prend pas garde, elles sont cloisonnées. Je rencontre beaucoup de gens passionnés et passionnants. La question est de savoir comment réussir à les faire travailler de manière harmonieuse ensemble. Il faut jouer sur tous les leviers. On pourrait comparer à un joueur d’orgue : vous avez plusieurs claviers, plusieurs registres avec lesquels agir.

À vous entendre, ce sont des qualités de DRH qui sont requises pour ce poste ?

Le rectorat, c’est le premier employeur en Midi-Pyrénées avec 50 000 personnes. C’est très lourd. Nous sommes une grande entreprise de formation. Le problème c’est que tout le monde sait ce qu’il faut faire pour l’éducation nationale, les professeurs mais aussi les parents ! Reste que si on ne travaille pas sur la confiance avec les enseignants, ça ne marche pas. Et qu’il ne faut pas les brider !

La Haute-Garonne est une académie très attractive. Normalement ce devrait être une académie de profs heureux ?

Je pense que c’est le cas, parce que c’est une académie dont les professeurs ne veulent pas partir. Et puis vu que c’est une académie dans laquelle il y a de bons résultats scolaires, je me dis que ça a certainement un peu à voir avec la qualité des enseignants et le travail qu’ils y font !

Que vous inspire votre parcours depuis votre sortie de l’Ena ?

Le fil conducteur a été le service public, l’intérêt général plutôt qu’une recherche de réussite personnel et financière. Il n’était pas du tout évident que je travaille dans l’Éducation nationale vu que je n’avais pas de fibre enseignante. Ce sont plutôt les hasards, les opportunités qui ont fait que j’y suis revenue. Ca correspond probablement à mon caractère. Je n’ai jamais eu de plan de carrière en tête.

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.