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Addiction : tou(te)s accros !

PAR Jean COUDERC
Temps de lecture 10 min

Démarrer une nouvelle année, c’est souvent l’occasion de prendre « de bonnes résolutions ». Dans les faits, cela consiste à mettre un terme à des pratiques jugées excessives voire addictives. Travailler comme un forcené, jouer en ligne toute la nuit, multiplier frénétiquement les rapports sexuels, se dépenser jusqu’à épuisement… aucune de ces pratiques n’est interdite par la loi. Pourtant, elles génèrent toutes le manque, voire la dépendance. Boudu a enquêté sur ces addictions dont nous sommes des victimes plus ou moins consentantes.

A-t-on raison de ne pas se sentir concerné quand on entend parler d’addiction ? Oui et non. Spontanément, il est vrai que l’on a tendance à penser à la drogue, au tabac, à l’alcool. Mais les addictions ne se limitent pas à ces trois substances, bien que celles-ci soient fortement addictives. Pourtant en France,  pendant longtemps, il n’a été question que de toxicomanie, définie, par exemple, en 1975, par le professeur Olievenstein comme « la rencontre entre un produit et une personnalité dans un moment social et culturel ». Ce n’est qu’en juin 1999 qu’on commence à parler d’addiction, lorsque Nicole Maestracci, la présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT), aborde, pour la première fois, la question non pas du point de vue du produit mais du comportement. Une révolution culturelle résumée ainsi par Nicolas Franchitto, le chef de service en addictologie au CHU de Purpan : « Avant, l’alcoolique était suivi par le gastro-entérologue, le drogué par le psychiatre et le fumeur par le tabacologue. Aujourd’hui, on essaie de ne plus cliver les prises en charge. Il y a les addictions avec et sans substance mais c’est avant tout un comportement. » En ne se focalisant plus sur le produit mais sur le comportement, le champ des addictions s’est trouvé élargi : jeux vidéos, réseaux sociaux, sexe, sport, travail, la liste n’a de cesse de s’allonger. Doit-on pour autant parler de nouvelles formes d’addictions ?

La société pointée du doigt

Pour…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.