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Fallait l’inventer : Unity cube

PAR Sarah JOURDREN | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 3 min

Légalement, les bureaux inoccupés ne peuvent être destinés qu’aux entreprises ou à l’hébergement d’urgence. À Toulouse, cela représente 220 000 m2, soit 5 % du parc. Six étudiants de l’INSA ont décidé d’utiliser cette surface perdue en installant des logements confortables dans des cubes prêt-à-poser en bois de palette. Cette solution inattendue, baptisée Unity Cube, enthousiasme les institutions et les associations, qui ont déjà identifié les bénéficiaires du dispositif. Reste à trouver les 1 000 m2 de bureaux nécessaires au lancement de l’opération…

L’enveloppe
« On s’est rapidement aperçu que l’argument du social washing (volonté de s’investir dans une cause sociale pour améliorer l’image de l’entreprise, ndlr) ne suffisait pas pour convaincre les propriétaires de nous prêter les bureaux », soupire Vincent Le Gal. « L’alternative, c’est de louer l’espace, mais ça coûte plus cher. » 35 euros par jour et par personne pour le projet de la Mairie, qui souhaite héberger 10 familles (52 personnes) d’ici le mois de juillet. C’est moins que les 50 euros qu’elle dépense actuellement dans des chambres d’hôtel. D’autant que le forfait de Unity Cube comprend un accompagnement pour la réinsertion.

Le couchage
Les « boîtes » sont fournies par la société toulousaine Sofrinnov. Rapides à construire (13 m2 montés en 30 minutes) et écologiques, « elles servent autant à simplifier l’installation qu’à protéger les personnes hébergées », souligne Mathilde Miqueu. Un cocon dont la taille varie en fonction de la composition de la famille. Des panneaux de contreplaqué, à peindre selon les goûts, assurent l’isolation acoustique. « Il y a aussi une large porte-fenêtre pour faire entrer la lumière et des meubles si les gens ont les leurs. » Un faux plafond dissimule et sécurise l’installation électrique.

La pièce à vivre
« En discutant avec les associations, nous avons pris conscience de l’importance de séparer les enfants des parents, en faisant en sorte que chacun ait son espace. » Pour réunir la famille, Unity Cube propose d’installer entre les modules une petite pièce à vivre, partiellement isolée du reste du bureau. Un coin pour discuter, jouer et faire les devoirs.

Les sanitaires
Regroupés pour des raisons techniques, les sanitaires sont constitués d’une cabine en plastique équipée d’un lavabo, d’une douche et de toilettes. « C’est la même structure que celle qu’on trouve au CROUS ou dans les Formule 1, sans l’habillage », commente Vincent Le Gal. « Pour l’électricité et l’aération, on se branche sans problème sur l’existant. Mais les immeubles de bureaux ne sont pas conçus pour accueillir des douches. » Leur solution : un gros Sanibroyeur qui réduit le diamètre de la tuyauterie et centralise les évacuations.

La cuisine
Quatre mètres carrés par famille, voilà l’espace prévu par l’équipe de Unity Cube dans la cuisine. L’idée est de réunir tous les bénéficiaires dans un espace commun, pour mutualiser l’équipement technique (eau chaude, aération). Chacun se verra attribuer un frigo et des plaques de cuisson. Là encore, l’espace est modulable. Avec le Département, Unity Cube travaille à l’hébergement de femmes isolées avec enfants. Pour elles, pas de cuisine, explique Mathilde Miqueu : « Cette solution ne peut pas durer plus de deux mois et les repas leur sont livrés. En revanche, on réfléchit à la création d’une nurserie commune. »

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.