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INTERVIEW

Autopartage : 6 questions à Céline Soulié sur Citiz

PAR Sarah JOURDREN | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture min

Comme les VélôToulouse et les barbes taillées des hipsters, l’autopartage fait désormais partie du paysage toulousain. Des Citiz gris et bleu y roulent depuis 2008, et les Yea ! rouges fêteront leur premier anniversaire en mai.  Avant de souffler la bougie, Céline Soulié, directrice générale de la coopérative Mobilib, a répondu à Boudu.

celine soulie citiz mobilib toulouseC’est une impression ou l’autopartage a du mal à s’imposer ici ?
À Toulouse, on n’est pas précurseur en matière de mobilité. On n’y a pas développé le vélo malgré un climat favorable. Le métro phagocyte la plupart des financements, mais les transports en commun ne sont pas suffisamment développés. Toulouse est une très grande
ville, de la même surface que Paris. L’étalement urbain fait qu’il y a beaucoup de banlieues difficiles à desservir car il y a peu de densité et les gens ont tous une voiture.

L’autopartage est-il pour autant la solution ?
L’usager doit se réapproprier sa mobilité.
Il ne doit plus seulement être déplacé par les transports en commun. Il doit avoir le choix pour construire une alternative à la voiture individuelle. Depuis 2012, les collectivités sont d’ailleurs tenues de trouver une solution publique d’autopartage s’il n’y a pas d’offre privée. Mais la plupart des
initiatives restent organisées par des entreprises comme la nôtre.

Qui est le client type de Citiz ?
La plupart des utilisateurs n’ont pas de voiture. Ils viennent à l’autopartage après une rupture dans leurs habitudes, un changement de travail ou un déménagement. Pour que cela fonctionne, il faut avoir une solution de transport complémentaire. Au quotidien ce sont des gens qui se déplacent à vélo, en métro ou à pied.

On dit que les jeunes n’entretiennent pas le même rapport à la voiture que leurs aînés. Qu’en est-il vraiment ?
Les jeunes veulent un smartphone. La voiture ils s’en fichent. Mais le vrai changement, ça a été Autolib. On existait avant eux, mais on n’était rien. Quand Autolib est arrivé, tout le monde a compris de quoi on parlait. Puis, rapidement, on nous a comparés : on est moins écologique parce qu’on n’est pas électrique, c’est plus compliqué car il faut ramener la voiture au point de départ…

Pourquoi ne pas avoir fait le choix de l’électrique ?
D’un point de vue pratique, le tout électrique est très compliqué à gérer. Il faut prendre en compte le temps de recharge de la voiture, pendant lequel elle n’est pas opérationnelle. Et une Citiz remplace quand même neuf voitures individuelles en moyenne.

Il y a un an, vous lanciez Yea !, 20 voitures qu’il est possible de récupérer à tout moment, n’importe où, et de laisser dans les mêmes conditions. Quel bilan en faites-vous ?  
Notre pari, c’était que le free floating serait complémentaire du système classique. Avec Yea !, on a effectivement capté une clientèle qui était plus éloignée culturellement de l’autopartage et trouvait le système Citiz trop contraignant.

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