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INTERVIEW

4 questions sur L’Histoire à venir

PAR Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 3 min

Comme une réaction épidermique aux vérités alternatives et à la méfiance vis-à-vis du savoir, la librairie Ombres Blanches, le théâtre Garonne et les historiens toulousains Claire Judde de Larivière et Charles-Henri Lavielle, ont aggloméré compétences et énergies pour élaborer le festival L’Histoire à venir. 65 ateliers, conférences et performances en accès libre, programmés aux quatre coins de la ville du 18 au 21 mai.

histoire claire judde de lariviere charles-henri laviellePourquoi un festival sur l’histoire ?

C.J.d.L. : L’actualité et la méfiance croissante vis-à-vis du savoir ont créé des conditions favorables à l’aboutissement de ce projet que Christian Thorel (directeur de la librairie Ombres Blanches, ndlr) avait en tête depuis longtemps.
C.-H.L. : Quand on est éditeur, chercheur, enseignant ou libraire, on est confronté tous les jours au discours sur les vérités alternatives, le complot, etc. Ça nous interpelle forcément. Avec ce festival, il s’agit de recréer les conditions de la réflexion critique, et de permettre au plus grand nombre d’accéder sans difficulté au savoir. Bref, de retendre les liens entre connaissance et démocratie.

Pourquoi ces liens sont-ils à ce point distendus ? 

C.-H.L. : Jusqu’à présent, le savoir était asséné, et ceux qui le recevaient n’en voyaient jamais les rouages. Cela conférait une grande autorité à ceux qui dispensaient la connaissance. Aujourd’hui, les données brutes sont accessibles à tous, et cette autorité-là a été déconstruite.
C.J.d.L. : Il est de bon ton de nos jours de tout mettre à égalité, de ne hiérarchiser ni les paroles, ni les sources. Il faut réaffirmer que certains savoirs sont plus crédibles que d’autres, parce qu’ils sont pensés avec méthode et logique, et parce qu’ils procèdent de mécanismes objectifs. Le plus important, c’est de rétablir la vérité des faits. Si le récit historique peut évoluer avec les époques, la vérité des faits, elle, est totale.

Peut-on faire de l’histoire sans faire de la politique ?    

C.J.d.L. : L’histoire, c’est l’interprétation des faits. On peut se fier aux historiens qui reconnaissent avoir une opinion, justement parce qu’ils le reconnaissent, et que cela aide à appréhender leur travail. Je le dis toujours à mes étudiants : le danger, ce ne sont pas les historiens qui vous disent qu’ils sont politisés. Ce sont ceux qui vous font croire à leur neutralité.

En quoi l’histoire est-elle un gage de démocratie ?    

C.J.d.L. : Les pays sans historiens sont des pays sans démocratie. Cherchez des historiens dans la Chine d’aujourd’hui… Vous n’en trouverez pas.

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