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CHRONIQUE

Histoire : Pluie de météorite de 1812

PAR Marine GASC
Temps de lecture 2 min

Tous les mois, la blogueuse Marine Gasc vulgarise l’histoire de Toulouse à travers des anecdotes croustillantes.

Il y a 200 ans, les habitants des campagnes toulousaines d’Aucamville, Peméja, Savènes, Le Burgaud, et Grenade ont vu de leurs propres yeux des météorites s’écraser dans les champs et sur les habitations. Rien à voir avec une animation de la Cité de l’espace : une pluie de météorites pour de vrai, avec lumières déchirant le ciel et détonations assourdissantes.

Le rapport de Jean-François d’Aubuisson ne manque pas de détails. Selon l’ingénieur en chef au corps impérial des Mines, la journée du 10 avril 1812 est plus fraîche et pluvieuse que les précédentes. La température ne dépasse pas les 5°C à 20h et il fait déjà presque nuit noire quand une vive lueur apparaît dans le ciel. Elle est visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, et soudain BAM ! Une détonation énorme assomme la plupart des habitants des campagnes. Le bruit est tel que tout le monde pense à l’explosion du magasin de poudre de Toulouse. Le préfet de la Haute-Garonne, le colonel Desmousseaux, se rend sur les lieux de l’explosion et confie les quatre morceaux les plus importants de la météorite à des scientifiques toulousains.

D’autres fragments de tailles diverses et variées sont ramassés par les habitants, histoire de garder un souvenir de cette soirée particulière. Les collectionneurs se les sont arrachés pendant des années, aussi il est possible d’en trouver dans les musées ou chez des collectionneurs à Genève, Chicago, Londres, New-York, Calcutta et même au Vatican.

En 2012, après des années de négociations auprès des propriétaires publics ou privés, le Museum de Toulouse a organisé une exposition où un morceau d’une quarantaine de centimètres de diamètre, le plus gros connu à ce jour, était visible aux yeux de tous les visiteurs, avec six autres fragments de taille moindre.

Comble pour la capitale européenne de l’aéronautique et du spatial : aucun fragment n’a été conservé à Toulouse. Ceux confiés aux scientifiques ont été répertoriés en 1812 dans un registre par le préfet, mais ont ensuite complètement disparu. Ont-ils été jetés ? Vendus à prix d’or ? Sont-ils secrètement conservés ou enfouis au fond d’un carton dans un grenier avec des vieilles photos et des archives familiales ? Vérifiez chez vous… on ne sait jamais ! 

Retrouvez Marine Gasc sur son blog Raconte-moi l’Histoire.

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.