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POLITIQUE

La grande inconnue des législatives

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 3 min

Contrairement au précédent scrutin, en 2012, où le suspense était quasi inexistant dans les dix circonscriptions haut-garonnaises, bien malin qui pourrait prédire le résultat des élections législatives. Entre nouvelles têtes, trahisons et offre pléthorique à gauche, la recomposition du paysage politique départemental pourrait être totale. Au soir du 18 juin.

Et si aucun des sortants ne retrouvait son siège au Palais-Bourbon à l’issue du scrutin des législatives ? Posée l’année dernière, la question aurait paru saugrenue. Même si la cote de François Hollande était (déjà) au plus bas, personne n’était alors en mesure de prévoir l’effondrement du Parti socialiste à l’élection présidentielle. Dans un département où l’hégémonie du parti à la rose est totale depuis des décennies, on pouvait, tout au plus, s’attendre à ce qu’il soit menacé sur quelques circonscriptions. De là à craindre la débâcle, le zéro pointé, il n’y a qu’un pas qu’aucun analyste politique, si fin soit-il, n’aurait franchi. Pourtant, cette perspective est tout à fait envisageable depuis le sacre d’Emmanuel Macron le 7 mai dernier. Dans un département qui, après l’avoir porté en tête au premier tour de la présidentielle (26,44 %), lui a assuré une confortable victoire au second (72,3 %), le score des candidats de La République en Marche ! constitue la grande inconnue de cette élection. Les Hauts-Garonnais voudront-ils donner une majorité à l’ancien ministre de l’Économie de Manuel Valls ? De la réponse à cette question dépendra en (grande) partie l’issue du scrutin.

Sur le papier, les candidats macronistes ne jouissent pas d’une grande notoriété.

Sur le papier, les candidats macronistes ne jouissent pas, à l’exception de Monique Iborra, Élisabeth Toutut-Picard et Jean-Luc Lagleize, d’une grande notoriété. L’équation personnelle a donc peu de chances de jouer en leur faveur. L’élan de la présidentielle suffira-t-il à les propulser jusque dans l’hémicycle ? Plusieurs formations politiques vont tout faire pour les en empêcher. À commencer par le Parti socialiste qui se dit, à raison, qu’il peut difficilement faire pire qu’il y a un mois et demi. Sur la ligne de départ, plusieurs de ses représentants ont de solides arguments à faire valoir, en particulier Catherine Lemorton, dans la 1ère circonscription, dont le travail législatif a été maintes fois souligné. Si Gérard Bapt, dans la 2e, Martine Martinel dans la 4e, Christophe Borgel dans la 9e et Kader Arif dans la 10e espèrent que leur connaissance du terrain (et des militants) leur permettra de sauver leur place, cela s’annonce plus compliqué pour Isabelle Hardy sur la 3e, candidate pour la première fois à la députation dans une
circonscription où Laurence Arribagé paraît solidement implantée. Quant aux néophytes (Sandrine Floureusses, Camille Pouponneau, Marie-Caroline Tempesta et Joël Aviragnet), une qualification au
second tour constituerait déjà une belle surprise.

L’offre à gauche est, il est vrai, pléthorique, surtout depuis que le PCF et les Insoumis ont acté leur divorce. Le mouvement de Jean-Luc Mélénchon saura-t-il faire fructifier ses 23 % récoltés en mai ? Rien n’est moins sûr. Tout comme rien ne dit que le Front national n’est capable de réaliser le même score dans une élection nominale avec des candidats inconnus du grand public excepté Julien Leonardelli.
Du côté de la droite « classique », on est encore groggy après la déconvenue du 7 mai dernier. Dans les rangs des Républicains, comme de l’UDI, l’heure du renouvellement a sonné : à l’exception de Laurence
Arribagé sur la 3e, Bertrand Serp sur la 4e et Dominique Faure sur la 10e, les candidats sélectionnés briguent les suffrages des électeurs pour la première fois. Reste enfin la sempiternelle question de la participation. Plus elle sera importante, plus la perspective de voir fleurir des triangulaires sera grande. Qui avantageront-elles ? Là encore, le mystère est entier… 

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