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INTERVIEW

Philippe Perrin : « Voici venue l’ère de l’astronaute normal »

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 3 min

En 2002, Philippe Perrin a passé 14 jours à bord de la Station spatiale internationale. Pour cet aventurier-humaniste comme la France n’en fabrique plus guère depuis la fin du XIXe siècle, Thomas Pesquet est un peu victime de l’ESA et beaucoup de l’époque. Et pour nous en convaincre, il convoque, en plus de son expérience, Visconti et Chateaubriand.

Vous avez séjourné dans la Station spatiale internationale avant l’ère des smartphones, de Twitter et de Snapchat. Que vous inspire le séjour spatial ultraconnecté de Thomas Pesquet ?
Je me dis qu’il a beaucoup partagé avec le public, mais qu’à trop vouloir communiquer, il a peut-être omis de partager l’essentiel.

L’essentiel ?
Être détaché de la Terre est une expérience spirituelle et métaphysique intense. On se dit : « Qu’est-ce-que je fais là ? Que suis-je venu chercher ? Pourquoi cette prise de risque ?  Pourquoi avoir laissé sur Terre ceux que j’aime pour faire cette chose-là ? ». Seulement, en règle générale, ces questions ne rencontrent pas l’adhésion du public.

Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
On a longtemps reproché aux astronautes dont la démarche était intimiste ou métaphysique, de faire de l’espace quelque chose d’élitiste. Je crois qu’on ne veut pas de cet élitisme parce qu’il éloigne, alors que l’époque est à la proximité. La société préfère entendre les astronautes dire que, finalement, là-haut c’est comme en bas. Qu’on fait des selfies, qu’on regarde la télé et qu’on photographie le paysage. Parce que de ce fait on a l’impression de partager, on est dans la convivialité. Ce besoin du public m’a frappé pendant tout le vol de Thomas. Besoin de se dire que la Terre et l’espace, c’est pareil. Que Thomas Pesquet est un gars comme tout le monde. Que le monde bouge, mais que ça ne bouleverse rien. Que tout change, mais que rien ne change……

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.