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INTERVIEW

Scop : 5 questions à Muriel Decout

PAR Jean COUDERC
Temps de lecture 2 min

Régulièrement sous le feu des projecteurs en période de crise, les Scop apparaissent bien souvent comme le dernier recours avant la liquidation judiciaire. À l’occasion des 80 ans de l’Union régionale (L’Urscop), sa directrice, Muriel Decout, nous explique pourquoi ce statut est de plus en plus en phase avec l’époque.

muriel decout scopLes Scop ont un taux de survie à cinq ans de 10 % supérieur aux autres entreprises. Pourquoi tiennent-elles mieux ?

Il y a une capacité à résister à la difficulté quand on est nombreux. D’abord parce qu’on se serre les coudes, ensuite parce qu’on dispose de plus de moyens et qu’on peut jouer sur un certain nombre de variables. À cela s’ajoute le fait de tout partager, aussi bien les efforts que les résultats, ce qui est un élément très important.

Le monde des Scop est-il bien compris par le grand public ?

Pas suffisamment. Pendant longtemps, on n’entendait parler de nous qu’au travers des entreprises en difficulté. Nous étions perçus comme un dernier recours. Les choses ont commencé à changer il y a une quinzaine d’années avec des entreprises comme Scopelec ou Chèque Déjeuner désireuses de changer l’image des Scop. Et la crise de 2008 a amplifié le phénomène.

En quoi la crise de 2008 a-t-elle « profité » aux Scop ?

Elle a amené une prise de conscience sur le fait que l’économie financiarisée était dangereuse pour les emplois, y compris pour ceux qui montent leurs boîtes. Le statut correspond aux aspirations d’aujourd’hui : prendre son destin en main, savoir quel sens on peut donner à son travail, être dans un fonctionnement collaboratif et participatif.

Quelles sont les idées reçues qui perdurent à propos des Scop ?

La première d’entre elles concerne le principe de 1 homme = 1 voix. Les gens se disent que cela doit être la pagaille si chacun fait ce qu’il veut. En réalité, hormis les assemblées générales où le salarié-associé exerce son droit de vote, le fonctionnement de la Scop est celui d’une société classique avec le droit du travail qui s’applique.

Avec comme objectif le profit ?

Elles doivent faire des résultats comme les autres entreprises ! Si une Scop n’en fait pas, au bout d’un moment elle meurt parce qu’elle ne peut pas réinvestir. Sans compter qu’il y a toujours un moment où cela va moins bien. Il y a parfois une confusion avec le fait que, dans les Scop, on ne peut pas réaliser une plus-value en revendant ses parts sociales 

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.