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VITE DIT

6 questions sur Deliveroo, UberEATS et compagnie

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 2 min

Il y eut d’abord la belge Take Eat Easy, puis la britannique Deliveroo et enfin, depuis peu, l’américaine UberEATS. Les plateformes de livraison de repas à domicile fleurissent dans le paysage toulousain depuis quelques mois. Mais qu’en pensent les premiers concernés, à savoir les restaurateurs ? Pour y répondre, on s’est tourné vers Guy Pressenda, président régional de l’UMIH, le principal syndicat de la profession.

interview ubereat deliverooQue pensent les restaurateurs de l’arrivée des opérateurs type Deliveroo ou plus récemment UberEATS  ?

Leur avis est mitigé. Il faut dire qu’ils n’avaient pas compris, au démarrage, que c’est eux qui paieraient la commission de 30 %. Il a donc fallu qu’ils « grattent » 30 % sur leur marge. Mais il faut vivre avec son temps.

C’est-à-dire  ?

Si ces services se sont développés, c’est parce que les restaurateurs accusaient une baisse de chiffre d’affaires, mais aussi parce qu’ils répondaient à une demande des usagers. À notre époque, la livraison à domicile a le vent en poupe, c’est indéniable. Et le restaurateur doit y voir une opportunité de faire découvrir son restaurant.

Parce qu’il s’agit-il d’une nouvelle clientèle ?

Absolument. La clientèle de ce type de services ne serait pas venue dans le restaurant. Le restaurateur peut donc y voir un débouché supplémentaire. Mais il se doit d’être irréprochable.

La manière de travailler est différente ?

En effet. Le restaurateur est obligé d’envoyer un produit parfait car il ne sera pas là, le cas échéant, pour défendre une cuisson loupée ou une absence de sel. Du coup la préparation, l’assaisonnement, la présentation, tout est différent. C’est presque une autre offre. C’est d’ailleurs pour ça que tous les restaurateurs ne s’y mettent pas.

Mais l’opération est rentable pour le restaurateur ?

Oui. Vu les économies que cela leur permet de faire en termes de service, nappe, vaisselle et personnel, ils retombent à peu près sur leurs pattes. Au niveau de l’image par contre, ce n’est pas l’idéal parce qu’il arrive que le client considère que c’est le restaurateur qui exploite le livreur.

Les restaurateurs ne feraient-ils pas mieux de se regrouper et de développer leur propre outil de livraison ?

La restauration est certainement le métier le plus difficile à fédérer. Elle est foncièrement individualiste. Certains se rapprochent pour communiquer. Mais de là à créer une société en commun pour proposer ce type de prestations…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.