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PORTRAIT

Mélissa Mayeux, baseball suffragette

PAR Lina GOBBINI | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 3 min

Première joueuse admise au Pôle France de baseball, la Toulousaine Mélissa Mayeux pourrait bien devenir la première femme à intégrer une équipe de ligue pro américaine. Une perspective qui attire l’attention des amateurs de baseball du monde entier sur cette jeune femme que rien n’arrête, pas même les fractures.

Avec ses longs cheveux blonds retenus en queue de cheval, difficile de ne pas remarquer Mélissa Mayeux sur un terrain de baseball. Unique fille dans cette foule de joueurs, elle se moque bien de cette singularité. « Il m’arrive de lire des choses assez ridicules sur Internet, mais je n’y fais pas attention. Si ça dérange des gens qu’une fille joue au baseball ce n’est pas mon problème. » Mélissa a touché sa première batte à 3 ans, et baigné dans le milieu du baseball masculin pendant toute son enfance : « Depuis toute petite je côtoie les mêmes joueurs. On se connaît tous très bien. » À l’âge de 12 ans, la logique aurait voulu qu’elle arrête de jouer avec les garçons, pour s’orienter vers le softball, le pendant féminin du baseball. La fédération lui a permis de repousser l’échéance à ses 15 ans, puis à ses 18 ans. Depuis toute petite, Mélissa répète que le baseball c’est sa vie. C’est une véritable guerrière.Entre-temps, Mélissa a rejoint Toulouse pour être la première joueuse à intégrer le Pôle France de baseball. Elle y aura au total passé trois ans, le temps d’obtenir son bac en juin, et d’être courtisée par des équipes au Japon, en Australie ou au Costa Rica. Mais elle ne rêve que des États-Unis.

Balle Trappes
Aujourd’hui, la jeune fille de 18 ans originaire de Trappes (Yvelines) touche ce rêve du bout des doigts. Depuis le mois d’août, elle a traversé l’Atlantique et posé sa batte au Miami Date College pour intégrer l’équipe universitaire de softball, les bourses d’étude pour le baseball étant, au pays de l’Oncle Sam, réservées aux garçons. Mais intégrer un jour une équipe de baseball reste bien ancré dans un coin de sa tête d’autant que la jeune fille aurait déjà suscité l’intérêt d’équipes professionnelles. « J’ai eu vent de l’intérêt des Dodgers de Los Angeles, qui voudraient la signer », confie sa mère avec fierté. Si pour l’heure, rien n’est acquis, une chose est sûre, Mélissa progresse vers son rêve ultime : jouer en Ligue majeure de baseball américaine (MLB), là où aucune femme n’a encore mis les pieds. « Depuis toute petite Mélissa répète que le baseball c’est sa vie et elle s’est toujours donné les moyens de ses ambitions. C’est une véritable guerrière. Il y a deux ans, elle a reçu une balle de baseball en pleine tête, ce qui lui a causé plus de neuf fractures sur la partie gauche du visage. Alors qu’elle aurait dû normalement s’arrêter six mois, trois semaines après l’accident elle relançait déjà la balle avec un casque et une protection sur la joue. »

De l’ombre à la lumière
À l’été 2015, Mélissa Mayeux fait partie des 50 jeunes joueurs européens participant à l’European Elite Camp, organisé par la MLB. Sa sélection fait du bruit : elle est la première fille à y parvenir. Elle passe soudain de l’ombre à la lumière. Une situation à laquelle elle ne s’était pas vraiment préparée : « Du jour au lendemain, ma vie a changé. Je passais mes journées au téléphone à donner des interviews. Sur Facebook, j’ai reçu beaucoup de messages et de demandes d’amis. On me disait que j’étais devenue un exemple, ça me faisait plaisir mais j’avais du mal à gérer. Je suis quelqu’un d’assez discret, et je n’aime pas être mise en avant. »
Aujourd’hui, elle ne se sent pas encore les épaules assez larges pour être érigée en modèle : « J’ai du mal à donner des conseils, je ne me sens pas dans ce rôle de grande sœur. Beaucoup de gens me disent que je suis une pionnière, mais ce n’était pas mon objectif à la base. Je suis peut-être la première mais je ne serai pas la dernière. » Même si elle rejette l’étiquette de « pionnière », elle espère une nouvelle fois repousser les frontières au pays du baseball. Car elle l’a bien compris, les barrières sont faites pour être renversées.

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