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CONVERSATION

Catherine Lemorton : après l’orage

PAR Jean COUDERC et Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 13 min

Sa réputation de meilleure députée de Haute-Garonne ne l’aura pas sauvée de la débâcle socialiste. Pas plus, d’ailleurs, que son rôle prépondérant dans la révélation du scandale du Mediator. Après deux mandats, Catherine Lemorton a été emportée, comme ses camarades du PS, par la vague de La République En Marche lors des législatives de juin dernier. Entre tristesse, colère et déception, l’ancienne présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a accepté de revenir sur son parcours idéologique, depuis les bancs de la fac jusqu’à ceux du Palais Bourbon, évoquant tour à tour un arrêt définitif de sa carrière politique, et une candidature à la prochaine élection municipale à Toulouse.

Comment vit-on une telle débâcle ?
Mal. Je ne suis pas comme ces politiques dans le calcul permanent, habitués à rebondir, à passer à autre chose. Pour les gens de la société civile comme moi, il faut du temps pour se relever d’un échec. Pour l’instant, je n’y arrive pas. Et puis personne ne m’a appelée pour me proposer quoi que soit. Même si des signaux m’ont été adressés.

Vous avez tout de même reçu du soutien de certains de vos amis politiques ?
Oui. L’appel de Manuel Valls, entre les deux tours, pour me remercier du travail que j’avais fait, et d’être restée loyale, m’a particulièrement touchée. J’ai apprécié, parce qu’il sait qu’à 56 ans, je n’ai plus rien puisque j’ai vendu ma pharmacie. J’ai également été touchée par les mots d’Arnaud Montebourg qui m’a dit, lors de sa venue à Toulouse cet été, que l’on ne pouvait pas être nulle avec un parcours comme le mien. Quand on prend une claque comme ça, on se pose des questions. Et puis tout ce que je vis aujourd’hui me fait mal. Les Français ne se rendent pas compte de ce qui arrive. La démocratie est bafouée.

Bafouée ?
Je n’ai jamais vu des parlementaires déposer des amendements avant d’auditionner la ministre ! L’opposition ne se sent pas respectée. Or le premier des respects à avoir en démocratie, c’est l’opposition. Elle a besoin d’être entendue, même si vous n’acceptez pas ses amendements.

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.