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ENQUÊTE

Fronton, le vin mal-aimé des Toulousains

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 8 min

Les derniers épisodes de grêle et de gel ne l’ont pas épargné, réduisant considérablement la récolte 2017. On peut même dire que rien n’a jamais été vraiment épargné au vignoble de Fronton. Longtemps dans l’ombre de l’envahissant voisin bordelais, il a tout de même réussi à se faire un nom en jouant à fond la carte de la négrette, son cépage autochtone. Désormais respectés et reconnus dans le monde entier, les vignerons de Fronton peinent néanmoins encore à exister dans le cœur des consommateurs, notamment des Toulousains, qui leur préfèrent les vins du Languedoc. Histoire d’un amour vache…

La scène est d’une banalité sans nom. Dans ce restaurant situé du quartier Compans-Caffarelli, l’ardoise fleure bon le local : salade de gésiers ou pâté de campagne en entrée, saucisse purée ou confit de canard en plat… pas de doute on est bien dans la Ville rose. Alors à jouer la proximité, autant y aller à fond en optant pour un vin du coin. Sauf que dans cet établissement, comme dans beaucoup d’autres de la capitale régionale, ils ne sont pas légion. En particulier les frontons, aux abonnés absents. À Toulouse, quand il s’agit de boutanche, on penche à l’est. C’est-à-dire vers le Languedoc-
Roussillon. Directeur du syndicat des vignerons de Fronton et de la maison des vins éponyme, Benjamin Piccoli n’ignore pas cette réalité. Le vignoble a beau n’être qu’à une demi-heure du Capitole, les toulousains lui tournent ostensiblement le dos. Il faut dire que les réputations sont tenaces, et les étiquettes difficiles à décoller.
Pendant longtemps, lorsqu’on parlait de fronton à un Toulousain, il répondait Bellevue La Forêt. Un domaine qu’on apparentait « à un très bon Bordeaux, pas cher », se souvient Frédéric Ribes, du Domaine Le Roc. Pour le reste, on était proche du néant. Avec un défaut majeur : une absence de typicité. « La cave coopérative, qui avait beaucoup de marchés de vins de table, n’a pas cru à la typicité du terroir », poursuit le vigneron. Toulouse…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.