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ENQUÊTE

Le riverain, un voisin qui vous veut du bien

PAR Julie GUÉRINEAU | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 10 min

Dans le calme d’un pavillon coquet, dans l’obscurité d’un local encombré, ou pendant la sieste du petit dernier, ils sont des centaines à consacrer leur temps libre à la défense de leur quartier. À Toulouse, en quelques années, les riverains se sont imposés comme un contre-pouvoir redoutable avec lequel élus, promoteurs et entreprises privées doivent désormais composer.

Impossible d’ouvrir un journal local sans voir surgir un riverain au regard déterminé, pointant d’un doigt accusateur l’objet de son irritation. Un promoteur grattouille à deux pas de son jardin ? Les avions et les moustiques volent trop bas ? Les antennes menacent sa santé ? Les fêtards font la bringue trop tard ? Les lampadaires économiques ne sont pas assez chics ?  Piqué au vif, il lance l’offensive, et fait souvent mouche. Ses cibles principales : les petits et grands projets urbains et d’infrastructures comme la Tour d’Occitanie, le tracé du tram ou de la troisième ligne de métro. Derrière l’urbanisme et le patrimoine, la circulation, la sécurité et la propreté viennent compléter le palmarès de ses bêtes noires. Et dans ces domaines, depuis une dizaine d’années, les riverains accumulent les victoires. Le Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine a notamment réussi à interdire le décollage et l’atterrissage des avions les plus bruyants entre 22 heures et 6 heures du matin. Non loin de là, l’Association de défense du quartier de Lardenne a obtenu la mise en pause de plusieurs projets de promoteurs. À Saint-Michel, le comité de quartier a convaincu les élus d’intégrer au sein de l’hôtel de Région la crèche municipale rasée lors de la construction de son extension. Et la liste continue.

En période de vache maigre, la presse locale raffole de ces militants, loin du cliché de l’agitateur révolutionnaire, qui leur concoctent happenings photogéniques et pancartes explicites. Mais la montée en puissance des riverains…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.