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INTERVIEW

Loïc Blondiaux : « Sans conflit, pas de démocratie »

PAR Julie GUÉRINEAU
Temps de lecture 4 min

Sociologue, enseignant chercheur au département de science politique de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, co-fondateur de la revue Politix, et actif dans de nombreux organismes de recherche sur la démocratie participative, Loïc Blondiaux étudie de près la montée en puissance des citoyens et des riverains dans la sphère publique.

Les citoyens s’impliquent-ils vraiment de plus en plus dans les politiques municipales ?
Déjà au XIXe siècle les riverains se mobilisaient contre des projets industriels ou d’infrastructures qui leur paraissaient inacceptables. Mais depuis les années 1990-2000, on constate à la fois une montée du nombre de mobilisations, et une capacité accrue des citoyens à entraver, retarder, empêcher de manière relativement efficace la réalisation de nouveaux projets. Mais attention à ne pas généraliser. Dans la plupart des cas, les citoyens continuent de ne pas s’intéresser directement aux affaires collectives, et restent passifs.

La conscience politique se limite-t-elle aux frontières du quartier ?
Ce n’est que lorsqu’ils sont directement concernés que les riverains ne se laissent plus faire. On ne peut pas dire qu’il y ait une montée phénoménale du désir de participer et de prendre le pouvoir à la place des élus. Mais très ponctuellement, dans des contextes particuliers, il y a une capacité et une envie d’implication réelles qui sont de plus en plus gênantes pour les décideurs.

La concertation produit de la frustration chez les citoyens.

Quels sujets mobilisent le plus les riverains ?
Les projets publics structurants. Les projets de tram, de piétonisation d’une rue etc. Pour les élus, il est très important de concrétiser leur action par des projets. Ils veulent laisser des traces. Or, ce sont ces projets-là qui soulèvent le plus de mobilisation. Cela crée une sorte de tension entre ce qui paraît essentiel aux élus pour exister et ce qui suscite beaucoup de…

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