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REPORTAGE

Etudiants : ma petite entreprise

PAR Guillaume MONTARON
Temps de lecture 3 min

À Toulouse, la multiplication des accélérateurs et des incubateurs démocratise la création d’entreprise. À tel point que les étudiants, souvent par peur du chômage, sont de plus en plus nombreux à tenter l’aventure, en menant de front projet entrepreneurial et études. Le phénomène est si important que même les universités ont renoncé à résister…

L’université fédérale de Toulouse abrite depuis 2014 un pôle étudiant pour l’innovation le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite). Ce dispositif permet aux jeunes d’obtenir le statut d’étudiant-entrepreneur et de les accompagner dans la création de leur projet entrepreneurial. Hélène Asiain, chargée de mission au sein du pôle se réjouit que la structure ait « doublé les effectifs », passant de 50 étudiants sur l’année 2015-2016 à une centaine en 2016-2017. Pour cette nouvelle année, le Pépite espère accueillir entre 150 et 180 étudiants. 29 Pépites ont été lancés à la rentrée 2014 à l’initiative du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avec le soutien du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, dans le but de faciliter la mise en place de projets entrepreneuriaux étudiants tout en offrant la possibilité aux porteurs de projets de poursuivre leurs études. L’initiative a rencontré immédiatement un vif succès : « Les étudiants ont à la fois peur de ne pas trouver de travail à la fin de leurs études, et peur de perdre leur liberté. Certains ont fait de l’alternance, et être dirigé ne leur convient pas, ils manquent de marge de manœuvre, ils sont en quête de sens dans leur travail. Alors que bosser pour son propre projet, ça fait vibrer », explique Hélène Asiain. Le dispositif est donc venu répondre à une demande croissante de certains étudiants. Pourtant à l’université fédérale on le reconnait, au lancement du Pépite, la collaboration avec les universités n’a pas toujours été évidente : « Elles craignaient que les étudiants mettent un peu de côté leurs études, puis elles ont aussi pris conscience que, dans certains secteurs, le marché de l’emploi est saturé, et que la création de projets est une solution. » Finalement, l’aboutissement de projets pourvoyeurs d’emplois ou récompensés lors de concours ont fini par convaincre les universités de collaborer pleinement au Pépite. Bien sûr tous les projets n’aboutissent pas à la création d’une entreprise. Qu’importe, la création n’est pas un but en soi. « Le plus important, c’est que les étudiants engrangent des compétences pour arriver sur le marché de l’emploi avec un avantage. »

Inventer pour ne pas subir
Du côté de la French Tech Toulouse, une initiative publique mise en place fin 2013 pour structurer et valoriser l’écosystème local de start-up, on se félicite de cet engouement pour l’entrepreneuriat. Son directeur délégué, Philippe Coste, approuve lui aussi le changement bénéfique de la position des écoles et universités vis-à-vis de l’entrepreneuriat, estimant qu’aujourd’hui « il n’y pas une école sérieuse qui n’ait pas un programme de ce type ». Mais il souligne également La moyenne d’âge des startupers c’est quand même 40 ans. Il ne faut pas penser que ce sont uniquement des gamins qui sont en train de refaire le monde.une forme de démocratisation qui rend la démarche accessible au plus grand nombre, reprenant une formule de Marc Rougier, figure de l’entrepreneuriat toulousain : « On n’a plus besoin d’hériter pour entreprendre. Il faut d’abord avoir de bonnes idées, mais on n’est plus soumis au besoin d’argent. Ça ne signifie pas que ce soit plus simple d’être entrepreneur et de réussir, mais en tout cas on peut oser ».
Les jeunes n’hésitent donc plus à se lancer, encouragés par cette nouvelle dynamique. Même chose pour les plus expérimentés. Philippe Coste, également responsable innovation à l’école Epitech, tient à rappeler que l’entrepreneuriat n’attire pas seulement les étudiants. « La moyenne d’âge des startupers c’est quand même 40 ans. Il ne faut pas penser que ce sont uniquement des gamins qui sont en train de refaire le monde. » Si certains sont prêts à changer de carrière, le contexte économique et social les pousse le plus souvent à franchir le pas : « Il y a de plus en plus de personnes qui ont envie d’inventer leur avenir plutôt que le subir. Et avoir sa propre entreprise, c’est être un peu plus entrepreneur de sa vie. » Avec 11 accélérateurs et incubateurs de start up, Toulouse présente un écosystème séduisant. Les jeunes entrepreneurs viennent y investir, y compris depuis l’étranger. Cinq entreprises internationales ont rejoint deux accélérateurs locaux. « Toulouse connait une réussite incroyable. L’année dernière, il y avait six entreprises dans le fast 500 Deloitte qui classe les 500 entreprises qui ont la plus forte croissance. » Ainsi, dans le cadre de la French Tech Toulouse, plus de 1300 emplois ont été créés depuis 2014 et 85 levées de fonds ont permis de récolter 380 millions d’euros. De quoi donner des idées aux futures figures de l’entrepreneuriat toulousain.

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.