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ENQUÊTE

La galère des étudiants étrangers à Toulouse

PAR Sarah JOURDREN | Photographie de Juliette MAS
Temps de lecture 8 min

Chaque année en octobre, Toulouse résonne des rires enivrés des étudiants, où se mêlent toutes les langues du monde. Pourtant, loin de l’image joyeuse de L’Auberge espagnole, les études pour les étrangers ne sont pas toujours une sinécure. Pour certains, la réalité, en débarquant en France, peut même s’avérer cruelle.

Il faut passer devant l’imposante entrée de l’église Saint-Pierre-des-Chartreux et pousser la petite porte en bois qui la jouxte pour trouver la distribution alimentaire de la pastorale étudiante. Tous les mercredis soir, quelques bénévoles catholiques et musulmans distribuent aux étudiants qui en ont besoin de quoi manger pour la semaine : un paquet de pâtes, deux ou trois conserves, une bouteille de lait… En ce début d’année universitaire, ils ne sont qu’une dizaine à évoluer timidement dans la grande pièce en pierre. Certains attrapent leur lot et repartent rapidement. Yassin, Issam et Yassmine, trois étudiants marocains, s’attardent pour discuter. Il y a un an, Yassmine était inscrite à la fac à Toulouse. Mais la bourse qu’elle aurait pu obtenir en tant que franco-marocaine ne lui a pas été octroyée. « Je n’avais pas de logement, je me suis retrouvée à la rue. C’était trop dur de rester. Je suis retournée au Maroc. Aujourd’hui je reviens plus forte… et avec la bourse du Crous. » Le cas de Yassmine n’est pas isolé. À la pastorale étudiante, comme aux Restos du cœur, où un horaire spécial (en dehors des heures de cours) est désormais dédié aux étudiants, la plupart des bénéficiaires sont étrangers. Et la problématique de la nourriture n’est que la partie émergée de l’iceberg : difficultés financières, problèmes de logement, galères administratives… en dehors des programmes d’échange, les études en France peuvent parfois tourner au cauchemar.

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.