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INTERVIEW

Plongée sensorielle dans l’Antiquité au musée Saint-Raymond

PAR Julie GUÉRINEAU | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 3 min

« Chuuuut ! », « Fais attention !», « Touche avec les yeux ! »… La vue est souvent le seul sens à avoir droit de cité dans les musées. Dans sa prochaine exposition, le musée Saint-Raymond renverse les codes. Les visiteurs y seront invités à toucher des tissus, sentir des parfums, tester des cosmétiques, écouter de la musique pour s’immerger dans quatre grands rituels de la Grèce antique. Entre deux réunions de chantier, Boudu a rencontré la scénographe, Emmanuelle Sapet, dans son atelier.

Comment est née l’idée de cette exposition ?
L’exposition est basée sur les travaux de chercheuses de l’université Toulouse-Jean-Jaurès qui étudient le rôle des cinq sens dans les rituels de l’Antiquité. Elles s’appuient sur des textes anciens pour retrouver les recettes, les odeurs, la composition des cosmétiques, le goût du vin de l’époque… Elles ont tissé et teint à l’identique des voiles et des rubans de mariées ou des linceuls, en utilisant les mêmes techniques. Une autre chercheuse travaille sur les sons et les instruments de l’époque. Depuis plus de trois ans, la conservatrice du musée Saint-Raymond, Évelyne Ugaglia, travaille avec elles pour retranscrire ce travail archéologique d’une richesse incroyable dans une exposition.

À quel moment a-t-il été décidé d’en faire une exposition polysensorielle ?
C’était là dès le projet initial puisque les cinq sens sont à la base même de leurs travaux.
Adeline Grand-Clément, qui mène le projet de recherche, voulait qu’on se replonge dans l’ambiance de la Grèce antique. Que l’on sorte de l’image aseptisée qu’on peut en avoir, et qu’on se rende compte que les rituels grecs antiques mettaient tous les sens en éveil pour communiquer avec les dieux. L’exposition se devait d’être une expérience sensible avec des oeuvres à regarder, bien sûr, mais aussi du son, des odeurs, du goût, du toucher.

Comment avez-vous abordé cet exercice inhabituel ?
De par mon expérience, j’ai été un peu inquiète… Quand on entend parler les chercheurs, c’est fabuleux. À travers un vase, ils vous…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.