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INTERVIEW

Tristram, l’édition made in Gers

PAR Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 5 min

En roulant à la rencontre des fondateurs de Tristram, on imaginait raconter l’histoire de cet éditeur auscitain qui a conquis en 30 ans et 150 livres le cœur de la critique et de l’édition françaises, pourtant impitoyables avec tout ce qui se publie hors de Saint-Germain-des-Prés. Mais sur le chemin du retour, grisés par les propos échangés en marge de l’entretien par Sylvie Martigny et Jean-Hugues Gailliot, nous avons choisi de publier la conversation périphérique en question, simplement parce qu’elle donne envie de lire des livres et de vivre libre. Si vous souhaitez découvrir l’histoire épique de Tristram, lisez donc sur le web le papier du Monde daté du 15 septembre (de toutes façons, on n’aurait pas fait mieux). Sinon, voyez ci-dessous.

Vous souvenez-vous du temps où vous ne saviez pas lire ?
Jean-Hugues Gailliot : Je ne me rappelle pas d’une époque où je n’aie pas lu. Très vite dans ma vie, j’ai trouvé que le monde réel présentait des défauts. Qu’il existait trop d’entraves, trop de verrous, et que cela engendrait énormément de frustration. Or, la littérature est un monde libre dans lequel on circule de façon fluide, rapide, amusante. Elle soumet à des intensités de très fort voltage, et soustrait à la fadeur et à l’ennui.
Sylvie Martigny : C’est comme si j’avais toujours lu, et relu. Enfant, des livres comme L’île mystérieuse ou L’île au trésor me transportaient. J’adorais Jules Verne. L’intelligence phénoménale de ses récits faisait battre mon cœur. Les mythes grecs me passionnaient aussi, preuve que le cerveau humain n’a pas évolué tant que ça, et que les vieux mythes universels fonctionnent sur l’imaginaire des enfants de toutes les époques. Je suis ensuite venue aux classiques. Balzac, Zola, Kafka, Poe. Des auteurs qui façonnent l’intellect par le plaisir qu’ils procurent. L’intellect est, aussi, un organe sensitif.

 DE NOS JOURS ON TROUVE PLUS DE GRANDE LITTÉRATURE DANS LA CULTURE POPULAIRE QUE DANS CERTAINES COLLECTIONS BCBG. 
En quoi Tristram est-il différent des autres ?
J-H.G. : Dès le départ, on ne voulait se donner aucune des limites traditionnelles de l’édition indépendante, pour pouvoir se retrouver dans cette espèce de contraste d’échelle : être tout petit, tout seul, face à l’océan de ce que les hommes ont écrit et continuent d’écrire, et essayer de dégager…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.