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INTERVIEW

Aziz Mokhtari :  » On peut réussir sans étoile « 

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 4 min

Propulsé chef de file de la bistronomie toulousaine lors de l’ouverture de son établissement Les P’tits Fayots en 2011, Aziz Mokhtari fait partie, à 28 ans, des chefs pour lesquels on se déplace. Moins médiatique que certains de ses confrères, il demeure pourtant une référence. L’espace de quelques heures, il a accepté de poser son tablier pour nous parler de lui, de sa cuisine, de la starification des chefs. Et aussi un peu de ses projets d’avenir…

Rêviez-vous de devenir un grand chef lorsque vous étiez enfant en Algérie ?
Certainement pas ! En Algérie, je n’étais pas là-dedans. J’étais plutôt du genre à mettre les pieds sous la table. J’ai connu une belle enfance, insouciante, en bord de mer, dans un village où tout le monde se connaissait. C’est en arrivant à Toulouse que le déclic s’est produit.

C’est-à-dire ?
Pour moi, je venais en vacances, c’était l’excitation du voyage. À mon arrivée en France, l’adaptation a été compliquée : en Algérie, j’avais mes repères, mes amis. Je ne voulais pas partir. Ce n’était pas évident de tout laisser. Vu que je n’aimais pas trop l’école, j’ai très vite bifurqué vers le monde de la cuisine.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans la cuisine ?
Au départ, je ne voyais que le côté artistique de la chose. J’ai toujours vu ma mère ou ma grand-mère reproduire les mêmes recettes. Ce qu’elles préparaient était délicieux mais elles ne prenaient jamais le risque de mélanger des produits. Il y avait des aliments qui n’étaient pas faits pour se rencontrer. Alors que la cuisine française, c’est tout le contraire. C’est ça qui m’a attiré, la liberté, le fait de pouvoir faire ce qu’on voulait. Quand je voyais Joël Robuchon à la télé, je me disais qu’avec la cuisine, on pouvait aller loin. Ce mec-là me fascinait.

Vos premiers pas vous ont-ils tout de suite conforté dans votre intuition ?
Le monde de la cuisine m’a passionné d’entrée de jeu. Notamment la…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.