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CONVERSATION

Jean-Paul Chambas : con mais bon

PAR Sébastien VAISSIERE et Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 15 min

Chambas peint comme Rambo tue : rageusement et le front ceint d’un bandeau. Une manière de discipliner sa légèreté et sa chevelure, précieuses pour séduire mais superflues pour créer. L’enfant de Vic devenu champion de la figuration narrative et coqueluche du Tout-Paris, continue de fabriquer des images dans son atelier parisien. Il s’est plié pour Boudu à l’exercice de la conversation, dans ce registre faussement badin, toujours drôle et souvent grave, qui lui fit choisir chez Ardisson en 1989 cette formule pour épitaphe : « Con mais bon ».

Votre premier accrochage date de 1967. C’était à Toulouse, à la galerie Notre Temps, place Saint- Georges. Quel genre de jeune homme étiez-vous alors ?
Le genre qui n’aspire à rien d’autre qu’à peindre. Le genre qui veut être van Gogh ou rien. Le genre qui a 20 ans.

Quel genre de septuagénaire êtes-vous aujourd’hui ?
Je crois que je suis un imposteur. Il me semble d’ailleurs que tous les artistes éprouvent ces choses-là. Et ça n’est pas de la frime. On ne demande pas à un menuisier s’il sait faire un tenon ou une mortaise… Alors quand tu sais peindre, quand tu sais dessiner, tu ressens forcément ton travail comme une imposture.

Jean-Paul Chambas en Autriche, avec sa deuxième épouse, la veuve du « milliardaire rouge ».

Vous n’éprouvez donc aucune difficulté à créer ?
Il n’existe rien au monde de plus exaltant que de peindre, quand ça marche.

Et quand ça ne marche pas ?
C’est la violence du vide. L’impression que tes idées sont fausses, douteuses ou piquées à d’autres. Que tout est nul, plat. Que tout a été fait. Que tout a été dit. Que tu es un gros con qui profite de la culture et de la peinture des autres. C’est pire que l’angoisse. Et long… horriblement long. Ton regard se pose sur les choses, et tu ne parviens pas à faire en sorte que la cervelle…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.