retour haut de page

PORTRAIT

Lattes l’atypique

PAR Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 15 min

Dans le mundillo policé de la politique locale, la figure de Jean-Michel Lattes est une étonnante anomalie. Choisi comme premier adjoint au maire de Toulouse en 2014 par Jean-Luc Moudenc, cet accro aux réseaux sociaux n’a pas, depuis son arrivée au Capitole, changé d’un iota sa façon d’animer sa page Facebook. On l’y voit encore, au hasard et en désordre, entonner le Se canta sur un télésiège, prendre un selfie coiffé d’un béret dans une Kangoo, applaudir un gitan ivre en plein cours de droit, présider une corrida, répondre à des contradicteurs sur la 3e ligne de métro, participer à une 3e mi-temps, avaler une garbure à l’Ostal d’Occitania, dire à ses fils qu’il les aime, se faire lécher l’oreille par un berger des Pyrénées, analyser le licenciement de Novès du point de vue du droit du travail, ou graisser ses vieilles chaussures de rando. Bref, des choses que les premiers adjoints des autres métropoles du pays ne font pas. Une activité digitale foisonnante, sans filet et désarmante, qui fait parfois frémir le maire, souvent bouillir l’opposition, et nous a donné envie d’aller voir en face cet élu dont on ne connaissait que le profil.

Jean-Luc Moudenc se souvient très bien du coup de fil qu’il a passé à Jean-Michel Lattes ce soir de printemps 2014, un peu après minuit, pour lui faire part de sa décision. « Je lui ai dit :  » Jean-Michel, j’ai une idée. Je vais te nommer premier adjoint « . » Au bout du fil, l’intéressé se souvient avoir accusé le coup et être monté, « honoré et un peu chancelant » annoncer la nouvelle à son épouse qui lisait au lit à l’étage. La suite, c’est Françoise Lattes elle-même, par ailleurs directrice de la communication de l’université Toulouse 1, qui la raconte : « Je l’ai vu apparaître sur le seuil de la porte, visiblement ému. Il m’a dit : “Françoise, je suis premier adjoint”. Alors, comme j’estime que mon rôle d’épouse consiste à le ramener sur terre, j’ai levé lentement les yeux de mon livre et j’ai dit : «  Que le premier adjoint n’oublie pas de sortir la poubelle avant de venir se coucher  » ».
Jean-Michel Lattes raconte cette anecdote à l’envi, comme pour prouver qu’il n’a pas pris le melon en même temps que sa fonction de numéro 2 du Capitole. Précaution inutile si l’on en croit Yannick Moya, créateur du groupe de polyphonie pyrénéenne Les Mâles au Chœur de Tolosa, qui compte le premier adjoint dans ses rangs depuis 2009 : « Jean-Michel est à la fois cordial et effacé. Pas du genre…

Abonnez vous pour lire la suite
Lire la suite

Partagez

Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.