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ENQUÊTE

Les Minimes en mal de contrats aidés

PAR Maud BENAKCHA | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 4 min

Jugés « peu efficaces et coûteux pour la Nation », les contrats aidés ont vécu. Rebaptisés parcours emploi compétence, leur nombre va considérablement diminuer en 2018 pour devenir plus « qualitatif ». Une décision qui n’est pas sans conséquences sur le terrain, comme dans le quartier Negreneys, aux Minimes, où l’association Sozinho est contrainte de revoir ses ambitions à la baisse.

Rue des Anges. Une adresse qui n’est pas anodine pour une association qui veut retrouver le lien social perdu dans un quartier classé prioritaire par la ville de Toulouse. Lorsque Sozinho* voit le jour en 2009 sous l’impulsion du rappeur Doni Donzo, il s’agit d’une association artistique lambda. Ses objectifs : décloisonner les arts, faciliter les échanges et la mutualisation des projets entre artistes.L’installation aux Minimes s’est faite presque par hasard… Jusqu’à ce qu’une descente du Raid, il y a deux ans et demi, sur fond de trafic de drogue, fasse office de déclic. La violence de l’intervention marque les esprits.

Sozinho risque de devoir choisir entre son activité culturelle et son action dans le quartier.

« On vivait jusqu’alors notre vie sans remarquer qu’il y avait une vraie souffrance autour de nous », raconte Mathieu Fonton, arrivé dans l’association dans le cadre du service civique. Pas question pour les bénévoles de Sozinho d’ignorer cette souffrance et de rester les bras croisés. Face à l’absence d’activités entre voisins, de réunions de parents, bref de lien social, ils décident de s’ouvrir au quartier et d’aller à la rencontre de ses habitants. Leur idée ? Favoriser la cohésion sociale par les arts. Pour mener à bien cette mission, Sozinho a besoin d’un salarié à plein temps. Le contrat aidé semble tout indiqué. Présent dans l’association depuis ses débuts, c’est naturellement Mathieu Fronton, qui profite de cette aide d’État officiellement prévue pour les personnes connaissant des difficultés d’insertion professionnelle.…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.