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Mai 68 à Toulouse dans l’oeil de Tony Ser

1968. Le jeune Tony Ser étudie le droit à Toulouse, mais il se rêve plutôt photo-reporter. Alors quand les premiers remous de mai 68 parviennent à Toulouse, il court manifestations et rassemblements appareil au cou. « Je n’étais pas partisan alors je vivais tout ça avec une forme de distance. Mais j’avais une âme de reporter. Je voulais vivre l’instant et témoigner. » Mais dans la famille Ser, on goûte peu cette passion pour l’image. Et « l’aventure photographique a tourné court ». Tony Ser reprend ses études et mène une longue carrière dans l’industrie pharmaceutique. Les trois pellicules sont remisées dans un tiroir dont elles ne ressortiront que 40 ans plus tard. En 2008, ses clichés, rares témoignages amateurs de mai 68 en dehors de Paris, sont exposés au Capitole, cour Henri IV. Pour le désormais retraité, c’est la consécration.
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Mai 68 à Toulouse dans l’oeil de Tony Ser

  • « Pour moi qui rêvais de devenir photographe et qui ne l’avais jamais été, c’était un rêve. Jamais je n’aurais pensé que ces images auraient pu avoir une deuxième vie. »

  • GARDE À VOUS
    « Je ne voulais pas adopter le point de vue au ras du sol, au milieu des cortèges. Alors avec des copains, on montait dans des immeubles pour prendre de la hauteur. Cette photo a été prise depuis l’appartement d’un médecin, allées François-Verdier. Ce jour-là, les forces de l’ordre avaient été déployées en nombre. C’était impressionnant. Et le hasard a fait que le regard de ce policier a croisé mon objectif. C’est ce moment inattendu qui fait que la photo est réussie. »

  • LA FORCE TRANQUILLE
    « Le 27 mai, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans la ville pour demander la démission de de Gaulle. À l’arrivée, ils étaient plus de 50 000 sur la place du Capitole. Ce qui n’empêchait absolument pas mes copines de boire un verre tranquillement sous les arcades. »

  • « Il n’y avait quasiment pas de policiers, mais les services d’ordre des syndicats maîtrisaient la situation. Tout le monde leur faisait confiance et nous n’avions pas peur. Pas sûr que ça se passerait pareil aujourd’hui... »

  • « Nous sommes toujours le 27 mai, sur le toit des actuelles Galeries Lafayette. Ce qui est amusant, c’est qu’en tête de cortège, les syndicalistes portaient tous des cravates. Personne ne ferait ça aujourd'hui, sous peine de se faire traiter de patron… »

  • DEUX FRANCE DANS LA RUE
    « Le 31 mai, à l’initiative des Comités de défense de la république, les gaullistes (au fond) ont défilé dans les rues de Toulouse pour marquer leur soutien au général. En réaction, les ouvriers et étudiants ont organisé une contre-manifestation rue de Metz pour empêcher le cortège d’avancer (au premier plan). Les déploiements de police étaient très importants ce jour-là. Ils marchaient au pas. C’était très impressionnant. C’était plus tendu que les manifestations précédentes, mais tout s’est déroulé dans le calme. »

  • LA NUIT DES BARRICADES
    « Le 11 juin, c’était la nuit des barricades. La seule. Paradoxalement, les évènements se calmaient à Paris, mais à Toulouse, c’est à ce moment-là que les violences ont éclaté. Rues Lafayette, d’Alsace-Lorraine, de Metz, ou à Esquirol, les manifestants montent des barricades avant d’y mettre le feu. Ça a été assez violent. Ça ne rigolait plus du tout. Place Wilson, je me suis fait courser par un CRS qui voulait mon appareil photo. »

  • « C’est aussi ces jours-ci que j’ai croisé les premiers casseurs. Ils détruisaient des abribus et des bancs. Quand je leur ai demandé pourquoi, ils m’ont répondu " pour faire comme à Paris "... »

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.