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INTERVIEW

Rugby. En 68, la révolution, c’est aussi sous les crampons

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 4 min

En 1968, le XV de France fut moins célébré pour son premier Grand Chelem remporté en pratiquant un rugby pauvre et besogneux, que pour ses quatre défaites subies aux Antipodes en jouant un rugby libre et débridé. Une révolution du jeu ourdie par Pierre Villepreux, alors arrière du Stade Toulousain et jeune diplômé du Creps. 50 ans plus tard, l’apôtre exalté de l’intelligence situationnelle se souvient encore de ce pavé de « feeling et d’envie » jeté dans la mare du rugby français.

C’était comment, le XV de France, en 1968 ? 

Bon enfant. On arrivait deux jours avant la rencontre, on s’entraînait une ou deux fois, et on jouait le match dans la foulée. Les joueurs décidaient seuls du contenu des entraînements, et chacun apportait à la sélection nationale la culture de jeu propre à son club. Moi, comme je m’occupais des lignes arrières au Stade Toulousain, je faisais de même en équipe de France.

Vous aviez 24 ans à l’époque. Le jeu d’évitement, le plaisir, le mouvement, étaient-ils déjà vos marottes ?

Bien sûr. Mes études d’éducation physique m’avaient permis de rencontrer un homme extraordinaire, René Deleplace (enseignant, mathématicien et théoricien du rugby français, ndlr.), et d’assimiler sa méthodologie d’enseignement du jeu. En 68, je passais mon Capes d’Éducation physique, et j’avais une vision déjà claire du sport en général et du rugby en particulier.

Vous étiez donc étudiant à Toulouse en pleine révolution étudiante…

Il y avait une ambiance insurrectionnelle, avec des étudiants qui avaient envahi toutes les facs. On n’était pas contre les occupations, mais pas complètement pour non plus, parce que ça posait des problèmes à ceux qui devaient entrer dans la vie active. Les examens ont été reportés au mois d’octobre, si bien que je me suis retrouvé à bosser mon Capes pendant la tournée d’été en Nouvelle-Zélande !

Quel souvenir gardez-vous du Grand Chelem 68 ?

Un souvenir excellent, même…

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