Enquête

"Jouir, ça s'apprend"

Rédaction : ,
Photo : ,
le 4 juillet 2018 Temps de lecture : 5 min.
Partager : TwitterFacebookMail

La sexologue Capucine Moreau a longtemps étudié la difficulté de ses contemporains à maintenir le désir dans le couple avant d’ouvrir, en novembre 2017, L’École de Capucine. Un peu plus de 6 mois après son lancement, elle nous raconte le démarrage d’une école qui ne cesse de recruter de nouveaux adeptes.

Vous attendiez-vous à un tel engouement ? 

Je ne suis pas tellement surprise. Cela fait longtemps que je perçois que ce sont des sujets qui préoccupent beaucoup de monde. Par ailleurs, le fait d’appartenir à une génération intermédiaire me permet de parler à des jeunes comme à des personnes plus âgées (la fourchette d’âge des participants va de 19 à 67 ans). Et le fait que je sois une femme aide.

Comment en êtes-vous venue à ces sujets ?

Dans mon parcours de femme, il a fallu que je fasse tout un chemin pour accepter mon propre plaisir. J'avais très envie de comprendre comment on pouvait se libérer des carcans assez forts sur la notion de jouissance. J’ai toujours aimé parler avec les gens de l’intimité, de ce qu’ils ont au fond d’eux-mêmes.

Et vous êtes partie du constat que l’époque manquait d’érotisme ?

Pas forcément, mais que les gens se trouvaient dans des représentations réduites de ce que devraient être l’érotisme, la sexualité. En un sens, j’ai l’impression qu’on est tout aussi prisonniers que par le passé. C’est quand même bizarre alors que l’on est encouragé à
tout faire. Mais il y a cette question de la norme, certes de moins en moins claire aujourd’hui parce qu’il y a
des injonctions paradoxales. Les hommes ont encore une forte peur de passer pour des pervers, et les femmes, pour des salopes. Il y a une culpabilisation encore assez importante.

Les hommes ont peur de passer pour des pervers, et les femmes pour des salopes.

Le concept d’érotisme paraissant à certains égards assez abstrait, n’est-il pas anxiogène ?

Oui, à ma grande surprise. Je me suis rendue compte que cela pouvait être un1

La suite est réservée aux abonnés.

Accédez à tous les contenus de Boudu en illimité.
Ou achetez directement le magazine en version pdf