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PROGRAMME

Toulouse l’été, c’est le pied !

PAR Jean COUDERC et Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 12 min

Cette année, votre été sera toulousain. Pour ne pas vivre la sédentarité comme une punition, voici un programme boudu à base de sport, culture, traditions régionales, activités intelligentes, et passe-temps improbables.

4 juillet 

Ça y est Boudu est (enfin) sorti en kiosque. Inutile donc de prévoir un programme, la lecture de votre magazine préféré devrait suffire à vous combler.

5 juillet 

Des années que vous vous dîtes, en voyant les affiches en ville, qu’il « faudrait » aller faire un tour à Convivencia, ce festival itinérant qui propose des escales musicales le long du canal du Midi. Vu qu’ils sont à l’Embouchure, c’est l’occasion.

6 juillet 

Vous vous étiez pourtant juré de ne pas y mettre les pieds. Mais la qualification de l’équipe de France pour la 1/2 finale de la Coupe du monde, qui plus est en prenant une éclatante revanche contre les Portugais (finale de l’Euro 2016) vous fait perdre toute volonté lorsque vos collègues de bureau vous proposent d’aller à la Feria Tolosa, présentée comme le grand retour des Fêtes de Toulouse…

7 juillet 

Dans la rue, une pub pour une agence de voyage vous encourage à profiter des vacances pour vous ouvrir de nouveaux horizons. Message reçu. Vous prenez le métro jusqu’à Fontaine-Lestang. Sous les grands arbres du magnifique parc du quartier, vous assistez à minuit à un ciné-concert de Jean-Marc Parayre qui joue du bouzouki sur fond de documentaire muet de 1923 tourné par le futur réalisateur de King Kong, et consacré à la migration de la tribu iranienne Bakthiari. Pointue, la soirée.

8 juillet 

Crochet par le Musée des Antiques de Toulouse, pour une visite guidée dont l’intitulé promet : « Tout est vrai… ou presque ! ».

9 juillet 

Vous répondez à l’invitation du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui convie ses administrés à un concert gratuit de l’orchestre du Capitole à la Prairie des Filtres. Il s’agit de fêter le lancement du European Science Forum (Esof) qui se tient à Toulouse et pour la première fois en France. La science, la fête, la gratuité, l’orchestre du Capitole. Que des passions toulousaines.

10 juillet 

En sortant du boulot vous cherchez à assister à une conférence de l’Esof. Place du Capitole, vous participez à une animation gratuite de l’Université de Montpellier autour de la peluchologie. On vous explique qu’il s’agit d’une initiative du service culture scientifique de la fac destinée à rendre hommage « à celui qui fut l’ancien roi des animaux, de la préhistoire à l’ours en peluche ».

11 juillet 

Encore un afterwork Esof aujourd’hui. Dans le cadre de Science in the City (sic), vous assistez à 19h, au théâtre du Grand-Rond, à une conférence sensorielle de philamatologie (la science du baiser) consacrée aux hormones du plaisir. Participation libre.

12 juillet 

Marre d’entendre parler à tout bout de champ de la vue imprenable de la guinguette de Saint-Cyp’ ? Il est grand temps d’en avoir le cœur net. Si vous voulez avoir une chance de trouver une place libre, prévoyez d’y arriver (très) tôt… en sachant que le lieu ferme à 21h.

13 juillet 

Vous êtes plutôt du genre à considérer qu’on vous cache la vérité et que les journalistes font mal leur boulot ? Filez à Couthures-sur-Garonne, un petit village au bord de l’eau, pour débattre avec des professionnels de l’info, des artistes, des réalisateurs ou de simples citoyens à l’occasion du festival international de journalisme. L’occasion de croiser Benoit Poelvoorde, le parrain de la manifestation, dont on se demande bien ce qui l’a poussé à accepter une telle invitation…

14 juillet

Le feu d’artifice qui enflamme la Tour Eiffel le 14 juillet n’a qu’un concurrent en France : celui qui embrase la Cité de Carcassonne. Vous choisissez votre camp en faisant jouer la préférence régionale.

15 juillet 

Vingt ans après, vous n’avez pas pris une ride… ou presque. Pour vous en convaincre, vous décidez de suivre la finale de la Coupe du monde qui oppose la France à l’Espagne au Black Lion, un pub situé à côté du Palais de justice, où l’on peut gagner une pinte en pariant sur le résultat du match.

16 juillet 

Quelques longueurs matinales à la piscine Chapou, la plus ancienne et coquette piscine de la ville, collée à la cité U. En sortant, vous marchez au bord du bassin des filtres, entre la rue des Amidonniers et le canal de Brienne. Quelques centaines de mètres champêtres en toute quiétude.

17 juillet 

Une semaine que vous attendez ça. La première étape du Tour entre Annecy et le Grand-Bornand. Ça a du bon le télétravail… Vous avez beau savoir qu’il y a longtemps que les leaders n’attaquent plus aussi tôt dans la course, vous caressez (encore) l’espoir de voir les challengers de Froome l’attaquer sur les pentes de la Colombière. S’il ne se passe rien, rappelez-vous que le Grand-Bornand a donné en sensations fortes au début des années 2000…

18 juillet 

Il n’est meilleur havre les soirs d’été que la fraîche quiétude du cloître des Jacobins. Surtout un jour de festival Toulouse d’été. Surtout quand c’est le prodigieux pianiste Paul Lay qui remplit l’air de jazz.

19 juillet

Début des fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan. Certes, il y a un peu de route mais les cartels valent le déplacement. À commencer par celui du premier jour puisque ce sera la dernière fois où l’on pourra admirer, en France, la fougue (ou la folie?) de Juan José Padilla, le « cyclone de Jerez » rebaptisé « le pirate » depuis qu’un taureau lui a arraché un œil en 2011 à Saragosse. Chez lui dans les arènes du Plumaçon, où il a triomphé à de nombreuses reprises, il devrait, comme à son habitude, tout donner pour enflammer un public qui lui voue un véritable culte, et peut être le gratifier d’une Porta gayola, l’une des passes les plus spectaculaires, mais aussi les plus dangereuses, en tauromachie qu’il est pratiquement le dernier matador à réaliser…

20 juillet

Vous vous étiez promis de boire une seule San Miguel à la sortie des courses mais comme souvent, c’est resté au stade du vœu pieu.  Fort heureusement, le programme du jour ne mettra pas vos neurones à rude épreuve. À l’Écomusée de Marquèze, à 20 minutes de Mont-de-Marsan, vous apprendrez comment vivaient les Landais au XIXe siècle. Sur le papier, rien de sexy ; mais le cadre (site préservé de 25 hectares) et la balade en petit train seront parfaits pour votre état que l’on qualifiera poliment de « vaseux ».

21 juillet 

Après une journée au grand air, retour à la chaleur suffocante de la Madeleine pour assister au deuxième grand moment tauromachique : le mano à mano entre le Français Sébastien Castella et l’espagnol Enrique Ponce (chacun combattra 3 taureaux). À 47 ans, le maestro de Valence, au style d’une grande pureté, est encore l’un des meilleurs matadors au monde. Pour l’anecdote, il a été le premier à gracier un taureau dans une arène française. Quant à Castella, c’est ni plus ni moins que le meilleur torero français. Le top niveau on vous dit.

22 juillet 

Au quatrième jour de la Madeleine, sortir de la ville devient une nécessité absolue, en particulier d’un point de vue olfactif. La canicule ayant élu domicile dans les Landes, la recherche d’un point d’eau l’est tout autant. Pas question néanmoins de s’agglutiner sur les plages surpeuplées de la côte. La réserve naturelle d’Arjuzanx, à une grosse demi-heure de voiture, fera largement l’affaire. Surtout si vous avez envie d’un petit décrassage : les parcours de VTT vous permettront d’éliminer tous les excès de cette parenthèse landaise…

23 juillet 

Vous avez eu de la pluie lors de votre précédente visite à Ma Biche sur le Toit ? Profitez de ce début de semaine pour retenter votre chance, sans risquer de vous entendre dire que « le resto est complet ce soir ».

24 juillet 

Voilà des années qu’on vous parle de ces spectacles donnés chaque été par la compagnie Théâtre Fébus, en pleine nature et sous le ciel étoilé des Pyrénées, avec à l’horizon le cirque de Gavarnie. Vous montez à pied en 30 minutes depuis le village de Gavarnie, passez une soirée fabuleuse sous la voûte céleste et sous une couverture, assistez à un Orphée et Eurydice spectaculaire… et repartez sans vous retourner.

25 juillet 

Comme prévu, la Sky a (presque) tué tout suspense dans les Alpes. Mais votre âme candide vous fait croire à un improbable retournement de situation. Aussi, de retour de Gavarnie, vous décidez de passer la nuit dans un gîte près de Val Louron. Vous êtes aux premières loges, le lendemain, pour voir passer les coureurs du Tour lors de l’étape la plus courte depuis 30 ans (65 kilomètres).

26 juillet 

Depuis mardi, vous ne cessez de songer à Eurydice et maudissez le serpent qui l’a mordue. Pour passer à autre chose, vous délaissez les mythes grecs pour ceux du Moyen Âge, et assistez au château de Bruniquel à une représentation de Geneviève de Brabant d’Offenbach. Après le spectacle, vous ripaillez avec spectateurs et comédiens à la table d’hôte du festival de Bruniquel.

27 juillet 

Direction Colomiers et le stade Michel-Bendichou pour la 2e édition du derby Stade Toulousain / US Colomiers. N’hésitez pas à prendre votre après-midi pour aller admirer les confrontations entre les jeunes des deux clubs.

28 juillet 

Vu que vous êtes d’humeur sportive en ce moment, passez faire un tour place du Capitole pour assister à la 7e édition de l’Open de France de basket 3×3. D’une part parce qu’elle va devenir discipline olympique pour la première fois aux Jeux de Tokyo ; d’autre part parce que l’on est suffisamment sevré de basket de haut niveau à Toulouse pour ne pas faire la fine bouche.

29 juillet 

Vous n’êtes pas à proprement parler un salsalero ? Peu importe, vous mesurez votre chance d’avoir à 1h30 de voiture le premier festival européen de musiques latines, afro-cubaines et caribéennes. Donc vous faites le déplacement jusqu’à Vic-Fezensac pour applaudir les New-York salsa All stars, le concert de clôture de la 25e édition de Tempo Latino.

30 juillet 

Est-ce la vue des grimpeurs dans les cols du Tour de France qui vous est montée à la tête ? Toujours est-il que dans un instant d’égarement, ou de pure folie, vous vous lancez à l’assaut de la colline de Pech-David à VélôToulouse ! Évitez de le raconter à vos amis…

31 juillet 

Sur Whats’app, votre entourage vous abreuve de selfies insistants et ensablés, et de photos de plats combinats i peix assaisonnés de hashtags nazes de blogueuse. En sortant du bureau, vous faites un crochet par le musée Aeroscopia pour la nocturne de l’expo Tintin et ses avions. Vous prenez un selfie devant la fresque monumentale de l’embarquement des passagers dans Coke en Stock, gloutonnez un burger au food truck sur le parking, et rentrez vous coucher. 

1er août 

Vous êtes décidément dans une drôle de phase. Après avoir grimpé la colline de Pech-David à VélôToulouse, voilà que vous acceptez une invitation pour la soirée Captain, be a pirate à la Voile Blanche. Vous êtes ouvert d’esprit mais quand même…

2 août 

Encore des selfies de connaissances en vacances. En pleine séance de plongée sous-marine cette fois, entre un mérou prognathe et une langouste à moustache. Vous répondez le soir à la Cinémathèque, pendant la projection en plein air de 20 000 lieues sous les mers.

3 août

29°C dès le matin, vous commencez sérieusement à regretter la fraîcheur du printemps. Vite, vite de l’eau ! Vous filez au lac du Carla-Bayle en Ariège, d’abord parce qu’il n’y a jamais personne. Ensuite parce que le musée Pierre Bayle, aménagé dans la maison natale du philosophe mérite de s’y arrêter.

4 août 

La dernière fois que vous vous êtes rendu à l’Observatoire, c’était le 26 août 2016 pour y voir Mélenchon tirer des plans sur la comète. Cette année, vous y allez le 4 août pour la nuit des étoiles. Au moins êtes-vous certain d’apercevoir quelque chose dans le télescope.

5 août 

Les musées sont gratuits le premier dimanche du mois. Y compris au mois d’août.

6 août 

Vu qu’il ne se passe pas grand-chose en début de semaine, vous optez pour une partie de pétanque au Cours Dillon. Et ouais, c’est chouette, et on n’y pense pas forcément.

7 août 

C’est (déjà) le dernier jour des soldes et vous êtes encore une fois passé(e) à côté de la grand-messe commerciale de l’été. C’est sans grande illusion que vous prenez votre matinée pour tenter de dénicher une bonne affaire en last minute.

8 août
Votre fils vous réclame depuis le début de l’été un tour dans la Grande Roue située Port Viguerie. C’est pour aujourd’hui. 

9 août
Vous courez toute l’année le long du canal du Midi. C’est bien. Mais cet été, vous avez envie de changer de point de vue. Vous embarquez pour Les Fabuleuses croisières sur la Péniche Samsara pour une balade de 3h du Pont Saint-Sauveur jusqu’à Ramonville, au son de l’un des meilleurs DJs de la ville.

10 août 

Vous n’avez pas d’a priori sur le foot féminin et vous avez bien raison. Pour le prouver, vous vous rendez au Stade Ernest Wallon pour voir les meilleures joueuses d’Europe disputer le premier tournoi international de football féminin professionnel. Ne cherchez pas, le TFC n’est pas invité…

11 août 

Une irrésistible envie de dépaysement vous habite depuis le réveil. Pour le satisfaire, vous optez pour le festival Manouch’ de Mazères, en Ariège. Entre le jazz manouche, la musique gipsy et tzigane, et le flamenco, l’immersion est assurée…

12 août 

Vous êtes pris d’une grande lassitude, l’appel du lit se fait sentir. Avant de sombrer dans les bras de Morphée, hissez-vous sur le toit du parking des Carmes pour admirer le coucher de soleil. L’un des meilleurs spots, assurément.

13 août 

Début de la pire semaine de l’année pour le climat toulousain. Jours brûlants ensuquants et nuits moites sans sommeil. Vous filez pied au plancher et clim à fond vers Montcuq, dont les habitants commémorent ce soir les 20 ans du suicide de Nino Ferrer (un coup de revolver dans le cœur et dans un champ de blé), qui avait fait du village sa patrie d’adoption. Sur la route, regard mouillé à l’écoute de La rua Madureira, larmes sèches à celle des Cornichons. Vous assistez au concert-hommage dans la nuit de Montcuq, en repensant à Nino Ferrer et à Daniel Prévost. Bref, en rêvant au xxe siècle.

14 août 

En plus d’être la meilleure salle de concert de Toulouse, le Bikini est une très bonne adresse pour dîner au calme, en bord de piscine. Vous y courrez.

15 août 

Vous sacrifiez à la tradition de la grande expo de l’été. Cette année, c’est aux Augustins que ça se passe. On y explore la Renaissance locale avec un regard neuf et des œuvres rarement vues.

16 août 

Vous êtes incorrigible : il suffit que l’on mette un bateau sur la Garonne pour que vous ayez envie de monter dessus. Vous grimpez sur la navette mise en place pour rejoindre le bar-restaurant la Centrale, situé sur l’Île du Ramier.   

17 août 

Personne au bureau. Vous quittez tôt pour passer deux heures relax à Toulouse Plage. La Prairie des Filtres est pleine de cris d’enfants et d’ahanements de footeux qui jonglent. Vous vous enfoncez des boules en cire naturelle dans les feuilles, empruntez un Agatha Christie dans la trocbox de Biblioplage, et bullez jusqu’à la fermeture de 21 heures.

18 août 

Plutôt que de risquer de voir le TFC prendre ses premiers buts à domicile face à Bordeaux, vous vous réfugiez au château fort de Bonaguil, à Fumel (Lot-et-garonne). Un édifice impressionnant, classé et méconnu des Toulousains. Vous profitez de la visite pour apprendre l’art de la défense qui a longtemps gardé ce site inviolable, en espérant revendre les astuces aux défenseurs du Tèf. 

19 août 

Porte close chez votre kiosquier pour cause de congés. Vous allez lire votre quotidien à l’œil et au frais à la Bibliothèque de la rue du Périgord.

20 août

Tous les matins, votre quotidien régional déborde de photos de pêcheurs amateurs sortant des eaux de la Garonne ou du canal du Midi des silures monstrueux. Vous prenez une licence de street-fishing et faites tremper votre hameçon du haut des Ponts-Jumeaux. Rien ne mord.

21 août

Bilan du deuxième jour de pêche : un joint de cafetière, une tong Havaiana et un bob promotionnel Midi-Olympique.

22 août

Toujours pas de silure. Ça fait cher la licence. Vous dînez d’une dorade en bord de la Garonne au Calpotis, sur la route de Vieille-Toulouse.

23 août

Vous faites comme dans la chanson de Bobby et noyez votre dépit de poisson au débit de boisson. Puis, un peu ivre, vous vous payez la visite des grandes orgues de la basilique Saint-Sernin.

24 août 

Comme vous avez découvert l’âme contestataire et l’art à contre-courant  de Michel Battle dans le numéro de Boudu spécial 68, vous visitez l’étonnante rétrospective qui lui est consacrée au château de Laréole, à Cadours. Un thé à la buvette et une promenade dans le vaste parc herbeux de ce charmant château à rayures suffisent à vous ravir. En passant au village, vous vous arrêtez acheter de l’ail violet de Cadours, dernière appellation en date décrochée dans le département en mai 2017.

25 août 

Quitte à aller voir le TFC, autant qu’il fasse beau. Les Violets reçoivent le Nîmes Olympique pour le deuxième derby de suite après Bordeaux une semaine avant. La probabilité de les voir gagner est plus grande…

26 août 

Étonnamment, votre trip Ferrer du 13 août vous a mis sur la route heureuse des chanteurs morts. Vous tracez vers Sète pour rendre hommage à Brassens. En chemin, vous empruntez, sur l’aire d’autoroute audoise de Vinassan, les allées du parcours Trénet inauguré en 2017. Un genre de jardin extraordinaire orné de sculptures en métal, manière d’hommage au génie du Narbonnais à chapeau mou. En contemplant sa statue monumentale sur laquelle se soulagent des caniches, dans le vacarme des autos et le chant des cigales, vous vous dites que la postérité est une drôle de chose.

27 août 

C’est la Saint-Louis à Sète. Jour de joutes sur le Cadre Royal, et jour férié pour les Sétois. Les jouteurs luttent tout l’après-midi au son des fanfares, perpétuant l’habitude des Croisés de Louis IX qui, pour tuer le temps avant de partir croiser le fer, s’affrontaient en combat singulier sur des barques mues par des rameurs. Gros bras, marinières, gamelles, gerbes d’eau, excès d’anisette et orgie de soleil. Vous êtes enfin en vacances.

28 août 

À midi vous avalez une tielle, cette tourte au poulpe ensoleillée typiquement sétoise, avant de partir visiter le Musée d’Art Modeste (Miam), de Belluc et Di Rosa, dont une partie de la collection est en tournée cet été à Toulouse. Vous finissez la journée en piquant une tête à la plage de la corniche, parce que le sable y est fin, le panorama sédatif, et parce que Brassens l’a chantée.

29 août

Brassens, justement, inaugure votre dernier jour sétois. Visite de l’Espace Brassens avec casque sur les oreilles, puis dépôt d’un bouquet de lilas sur sa tombe au cimetière du Py. En sortant, vous hésitez entre rentrer à Toulouse et prolonger les vacances. Vous cherchez l’inspiration en gravissant les marches du phare Saint-Louis. Une fois au sommet vous récitez in petto ce mot de Paul Valéry, l’autre enfant du pays : « L’homme, l’occasion, l’idée : trois probabilités se multipliant ». Comme vous n’avez pas tous les jours l’occasion de traîner sur la côte, l’idée vous vient de rentrer par le chemin des écoliers.

30 août

Une petite heure de route et vous voilà Nîmois. Visite éblouissante du nouveau Musée de la romanité dans son bâtiment blanc ondulant et tout neuf, et de son exposition temporaire sur la vie quotidienne des gladiateurs. Des histoires de grands balèzes aux muscles bandés pris dans la folie de l’Empire romain. Vous passez un bon moment en songeant aux péplums de l’âge d’or d’Hollywood et au Stade Français de l’ère Guazzini. Puis, las des glaives qui tranchent et du sang qui coule, vous pansez vos plaies au musée Haribo d’Uzès en avalant un paquet familial de fraises Tagada.

31 août

Miné par l’imminence du mois de septembre, vous rentrez à Toulouse en roulant à 80 au lieu de 130. C’est Édouard Philippe qui va être content. Arrêt musique à Lagrasse, pour les Pages musicales, ce festival parrainé et tricoté par le talentueux pianiste toulousain Adam Laloum. Concert d’ouverture avec du Mozart et du Poulenc. Rien à jeter.

1er septembre

Avant de prendre la route, vous profitez des rues ombragées de Lagrasse. L’ambiance est charmante dans ce village audois rempli de locaux rigolards et de riches anglais. En guise d’adieu, baignade dans l’Orbieu à la sortie du village, rivière fraîche et propre où l’on a pied. Moment de grâce. Vous cherchez un moyen de retarder encore votre retour à Toulouse. Par chance, Perpignan et son festival de photojournalisme ne sont qu’à une heure de voiture.

2 septembre

Voilà Perpignan. Vous croisez partout des types pas plus photographes que vous qui se trimballent avec des Leica au cou et des sacs Paris-Match à l’épaule. On croirait ces faux surfers de Biarritz qui, pour draguer les Parisiennes, marchent pieds nus et planche sous le bras dans la rue sans jamais se mettre à l’eau. Côté expos, vous en prenez plein les yeux. Les photos du reporter américain Georges Steinmetz, ramenées de son incroyable tour du monde des pires usines à vache, à tomate ou à poulet de l’industrie agroalimentaire, vous font considérer différemment les sandwichs d’autoroute que vous avalez depuis le début des vacances.  

 

Mais rassurez-vous, Boudu sort le 5 septembre …

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.