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ALLEZ-Y QUAND MÊME

7 raisons d’aller à Castres sans attendre l’autoroute

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 4 min

Comme Pénélope son Ulysse, Castres attend son autoroute vers Toulouse depuis des décennies. La signature en juillet, par le Premier ministre, de sa déclaration d’utilité publique, a donc ravi des Castrais déjà extatiques puisque champions de France de rugby. Le moment est donc bien choisi pour aller visiter cette cité méconnue des Toulousains, qui a donné trois grands hommes à la France : Jean Jaurès (grand humaniste), Pierre Fabre (grand apothicaire), et Gérard Cholley (grand distributeur de mandales).

Pour ses airs de Venise
Si on qualifie parfois Castres de petite Venise du Languedoc, c’est que, sous un certain angle, ses maisons à encorbellement de la rue Milhau-Ducommun ont un petit air vénitien. Ces bâtiments moyenâgeux bâtis sur l’eau, étaient jadis habités par des tanneurs qui rinçaient les peaux à la rivière avant de les enduire de chaux et de les conserver dans les caves. Chaque année au mois de mars, la ville pousse le bouchon un peu plus loin avec un carnaval vénitien au cours duquel l’Agout prend des airs de lagune, et Casanova l’accent de Labastide-Rouairoux.


Pour ses airs de Versailles
Entre l’hôtel de Ville et le théâtre, le jardin de l’Évêché déroule sa rigueur géométrique, ses perspectives et ses parterres, en surplomb de la rivière Agout. Son concepteur n’est autre qu’André Le Nôtre, jardinier de Louis xiv et de Versailles, et grand manitou du jardin à la française. Classé Jardin remarquable en 1995, il fait la fierté des Castrais, qui aiment y prendre le frais et s’abîmer dans la contemplation de ses dentelles de buis. 
Rue de l’hôtel-de-ville


Pour ses airs de Brocéliande
Ne surtout pas quitter Castres sans voir le Sidobre. Le plus grand plateau granitique d’Europe, à l’est de la ville, et donc à un jet de pierre de Toulouse.  Une forêt profonde, ancien refuge de Cathares, Huguenots ou Résistants de la deuxième guerre. Des tapis de fougères, des roches branlantes, des pierres aux formes étranges et des légendes magiques mêlant animaux pétrifiés, amoureux éconduits et malédictions. C’est un peu Brocéliande-sur-granit, et c’est incontournable.
sidobre.tourisme-tarn.com


Pour sa ferveur religieuse
À Castres, le rugby est religion d’État. Ses habitants sont tous croyants et la plupart pratiquants. Le dimanche, ils se rendent en masse au stade Pierre-Fabre (fondateur défunt des laboratoires du même nom et mécène historique du club), pour communier en hurlant. Il est, de fait, impossible de gagner sur place, sauf sur un malentendu. Symbole de cette fièvre ovale, Gérard Cholley, ancien pilier du Castres Olympique et du xv de France. Les anciens le vénèrent, et les plus jeunes gardent dans leurs favoris sur YouTube des vidéos hallucinantes du grand Chelem 77 où l’on voit ce pilier gigantesque, fils putatif d’Obélix et de Bud Spencer, dégommer les premières lignes écossaises à coups de baffes.
billetterie.castres-olympique.com


Pour Goya
En 1894, Pierre Briguiboul, fils d’un collectionneur d’art castrais, lègue les œuvres de son père à la Ville. Parmi elles, trois toiles de Goya qui, de façon tout à fait impromptue, inaugurent l’idylle de Castres et de la peinture espagnole. Aujourd’hui, le musée Goya est le premier musée d’art hispanique de France après le Louvre. Outre des Goya, on y admire des Miró, des Dalí et des Velasquez.
Rue de l’Évêché



Pour sa steppe
À 10 kilomètres de Castres, à cheval sur les communes de Caucalières et de Labruguière, un causse granitique offre au promeneur un panorama insolite, caillouteux et semi-désertique, plus dépaysant que n’importe quel vol low cost vers une destination touristique mondialisée. On y voit des ovins qui paissent et une faune et une flore rares, typiques des steppes. Il faut tout même s’y montrer prudent : les lieux abritent un terrain militaire, et les balles y fusent régulièrement.


Pour ses étals
Bien que gasconne à certains égards, la cuisine castraise est très influencée par la proximité immédiate de l’Aude, qui est déjà une promesse de Méditerranée. On trouve au marché couvert de l’Albinque cette appétissante diversité, et les spécialités tarnaises : millas, oreillettes, ail de Lautrec et surtout le melsát, typique du Tarn et de l’Aveyron, surprenante saucisse faite de rate, d’œufs et de pain rassis.
Marché de l’Albinque, place Pierre-Fabre


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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.