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INTERVIEW

Carole Delga à mi-parcours

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 10 min

Trois ans après s’être installée dans le fauteuil de présidente de la nouvelle Région Occitanie, Carole Delga a accepté de s’arrêter un instant pour faire le point sur sa première partie de mandat. Entre sa satisfaction d’avoir vu émerger une nouvelle entité, sa déception de ne pas avoir obtenu de garanties sur l’arrivée prochaine de la LGV, son ambition de faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, et sa détermination à barrer la route du pouvoir à l’extrême droite, l’ancienne secrétaire d’État de François Hollande n’a éludé aucun sujet. Même pas celui des prochaines municipales à Toulouse.

Tout d’abord, pourquoi cette sortie médiatique dans Le Parisien dans laquelle vous dénoncez la « commedia dell’arte » qui se joue ces dernières semaines au sommet du pouvoir ?

Parce que ça fait un moment que je trouve qu’il y a un décalage très fort entre le bal médiatique qui s’organise à Paris par certains dits grands élus, et la réalité de terrain. La semaine où j’ai écrit cette tribune, ce décalage était saisissant, vulgaire et insupportable. Le lundi, j’étais sur le terrain, dans l’Aude, avec des gens qui ont tout perdu, qui sont désespérés. Et le lendemain, j’assistais à un spectacle de guignols avec « La République, c’est moi », des insultes à l’encontre des policiers, la sortie sur l’accent. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels on est confronté dans le monde avec la montée des populismes et le réchauffement climatique.

Vous écrivez notamment que la politique française semble devenue « une scène de théâtre de boulevard ». Mais ne l’a-t-elle pas toujours été ?

Je trouve que l’on a atteint un paroxysme. Déjà, les extrêmes n’avaient pas le même poids politique. Et puis je trouve qu’il y avait plus de mesure dans l’expression. C’est sans doute lié à la peopolisation de la vie politique. Avant, le politique était plus sur le fond, sur l’action. Même s’il a toujours existé des forts en gueule. Maintenant, il se met en scène dans sa vie privée. Cela devient indécent. D’où mon coup de gueule. Car il y a…

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