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CONVERSATION

Christian Authier, auteur à part

PAR Sébastien VAISSIERE | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 7 min

Au début des années 2000, toute la ville parlait de Christian Authier. De la réussite de ses essais sur le foot business, Patrick Besson, ou le nouvel ordre sexuel. Du succès critique de son premier roman et du Renaudot du deuxième. De ses papiers au ton si particulier publiés dans L’Opinion indépendante, qu’on se mettait soudain à acheter pour autre chose que les annonces légales… Si bien que ce journaliste indocile aux cheveux lisses et à la cinéphilie maladive, avait fini par incarner la figure de l’écrivain toulousain, au nez et à la barbe de Jean-Paul Dubois. Aujourd’hui, des Garcia et des Mauvigner lui ont ravi ce statut, mais rien n’y fait : sa littérature de l’amitié et de la mélancolie, ses bios hommages à Déon, Haedens ou Eastwood, et sa façon toute personnelle d’être provincial en font définitivement un écrivain à suivre, et un homme à part. 

Dans Des heures heureuses, votre dernier roman, un de vos personnages se désole de la disparition du sourire sur le visage de ses contemporains : « La peur, la fierté, la morgue, le défi, oui, cela s’affiche, mais le sourire a disparu » écrivez-vous. Vous en voyez, vous, des raisons de garder le sourire ?

Plein. L’amour, la culture, l’amitié, les livres, le cinéma. Bien sûr, si je laissais parler mon humeur, tout me dégoûterait. Cette société qui ne trouve de talent qu’à l’argent, avec ses célébrités débiles et ses réseaux sociaux, ça me dégoûte, comme tout le monde. Mais on ne va quand même pas se mettre la rate au court-bouillon rien que pour ça… 

 Il ne faut pas écrire pour se sentir mieux. Mieux vaut faire du sport ou se droguer. 

À vous lire, on constate effectivement que l’amitié a chez vous valeur de refuge.

La seule chose dont je sois à peu près fier dans ma vie, ce sont mes amis. Et le fait de compter parmi eux de vieux copains d’école, de collège, de lycée. C’est un cliché, mais l’amitié est la plus belle des valeurs. C’est le motif des Heures heureuses : des gens qui veulent rester copains et garder la tête aux bêtises. Qui veulent profiter les uns des autres. J’en parlais récemment avec un copain, justement. On se disait que ce qu’il y a de génial chez les vieux copains, c’est qu’ils n’ont pas besoin…

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