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KIT DE SURVIE

Dîtes-le quand même #16

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 4 min

Pour ceux qui ne suivent pas l’actu locale mais souhaitent tout de même en débattre, Boudu propose tous les mois un kit de survie pensé pour donner son avis qu’on veut le bon pour critiquer le monde avec désinvolture.

Primark et suffit

Plus Primark casse les prix, plus ses clients cassent les pieds. Impossible, depuis l’ouverture du magasin, d’échapper à l’enthousiasme nigaud des Toulousains. Heureux d’y acquérir les mêmes sweats à 2€ que ceux qu’ils refusent d’acheter au même prix aux Chinois rue Saint-Rome, ils agacent le monde avec leurs récits accablants de clients satisfaits. Contre eux, utilisez la morale, arme absolue de l’époque. Rappelez que Primark est une firme controversée, mouillée dans l’effondrement d’un atelier au Bangladesh (1100 morts) en 2013. Ça devrait vous donner un peu d’air.


Ciel ! mon mordu

Plus l’opposition à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées est forte, et plus on réintroduit d’ours dans les Pyrénées. Admirable paradoxe qui, à coup sûr, nourrira les conversations de ce mois de novembre. Attendez que soit avancé le fameux argument de l’ « ours slovène qui n’attaque pas l’homme » pour mentionner la mésaventure étrangement tue du joggeur italien Wladimir Molinari, mordu au visage par une ourse en 2015 dans une forêt des environs de Trente. Ça devrait courroucer les oursolâtres, ragaillardir les pâtrophiles et rendre la conversation divertissante.


French paradox

Plus le temps passe et plus Toulouse innove. La ville figure cette année encore dans le top 6 de l’award de la cité la plus innovante décerné par l’UE. « Mérité ! » qu’on vous dira : « C’est grâce au chatbot du site web municipal, à la démarche SmartCity, à la navette EasySmile, à l’Open Métropole, aux clusters, aux parkings connectés, aux expérimentations startups et à So Toulouse ! ». Bon, par contre, pour le prix de la francophonie, c’est mort… 


Boucher des vanités

Plus on débat de la liberté d’expression et moins on en jouit. Si on vous tient pareil discours, rassurez les tenants du « On ne peut plus rien dire ». Racontez-leur comment, le mois dernier, des activistes vegan ont pu se poster devant des boucheries à Toulouse et en France, pour traiter les bouchers de nazis, assimiler les transports d’animaux à la déportation et les élevages à des camps de concentration. Le tout sans que personne ne s’en émeuve. Si ça, c’est pas de la liberté d’expression…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.