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INTERVIEW

Le Grande Guerre à hauteur d’homme

PAR Julie GUÉRINEAU
Temps de lecture 7 min

Depuis la mort, en 2011, du dernier vétéran de 14-18, la Grande Guerre quitte peu à peu les histoires de famille pour entrer dans le giron exclusif de l’Histoire tout court. Seules demeurent des archives privées (correspondances, carnets, mémoires) et des historiens qui en éclairent la dimension universelle. C’est, depuis 40 ans, le cas du Mazamétain Rémy Cazals, professeur émérite à l’Université Jean-Jaurès, connu pour avoir publié en 1978 le premier ouvrage du genre : les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier audois. Il consigne aujourd’hui dans son nouveau livre une centaine de témoignages de gens ordinaires sur le 11 novembre, et prouve une fois de plus les vertus de cette vision de l’histoire à hauteur d’Homme. Pour illustrer son propos, nous avons tiré du fonds des Archives municipales des images au diapason, témoins muettes mais éloquentes du sort des petites gens à Toulouse en 14-18.

Comment est né votre intérêt pour les témoignages de gens ordinaires ?

Cela remonte à ma thèse sur les ouvriers de Mazamet. Ce qui m’intéressait, ce n’était pas la « masse laborieuse » comme on disait alors, mais les hommes et les femmes qui la composaient. Je voulais me pencher sur les individus. J’ai interviewé un grand nombre d’ouvriers. Parmi eux, certains étaient nés dans les années 1880, et avaient connu l’industrie du XIXe siècle.

Qu’avez-vous appris en les écoutant ?

Je me souviens avoir été impressionné par la qualité de leurs souvenirs, et par l’intérêt historique que pouvaient revêtir les anecdotes qu’ils me racontaient.

Comment êtes-vous passé des ouvriers de Mazamet aux soldats de 14 ?

Un coup de chance. Dans les années 1970, j’enseignais à l’École Normale de Carcassonne. Pour motiver mes élèves, je leur ai proposé de monter une expo sur la guerre de 14 à partir de documents tirés des archives de leur famille, amis ou connaissances. Un de mes étudiants m’a alors parlé de son ami Barthas, dont le grand-père, soldat en 14, avait tenu un carnet de guerre. Je me suis rendu sur place et j’ai ramené 19 cahiers d’écolier noircis d’une écriture magnifique, et illustrés de cartes postales. Je me suis mis immédiatement à les lire. C’était éblouissant. J’avais sous les yeux un…

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