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REVANCHE

Le vilain petit porc noir

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 9 min

L’histoire du porc noir de Bigorre est celle d’un incroyable retournement de situation. Banni dans la deuxième moitié du XXe siècle pour sa croissance lente, son goût de la liberté et sa tendance à faire du gras, ce cochon autochtone des Pyrénées centrales est aujourd’hui célébré pour les mêmes raisons au comptoir des bistrots comme à la table de l’Élysée.

Dans les chaumières du piémont pyrénéen, le soir, à la veillée, on ne raconte plus aux enfants l’histoire du vilain petit canard. On lui préfère cette histoire vraie dont la morale est analogue à celle du conte d’Andersen, et dont le caractère avéré accroit la portée symbolique.

Tout commence au néolithique avec la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs et l’invention de l’agriculture. À cette époque, les peuplades des Pyrénées centrales et occidentales commencent à domestiquer les animaux du cru. Parmi eux, un cochon noir parfaitement adapté au relief qu’il foule et au climat qu’il subit. Des millénaires durant, la brave bête reste le pilier de la vie autarcique de la civilisation paysanne, offrant aux humbles foyers ruraux de ce rude pays de montagne la viande des soirs de fête et la graisse de tous les jours.

Jusqu’à ce que, dans les années 60, on se mette subitement à lui tourner le dos. Dans cette France convertie à la religion du progrès, ce cochon du passé ne fait plus recette. On veut alors des porcs bodybuildés, taillés pour l’industrie et pas pour le grand air. Des animaux dont on puisse tirer un jambon moderne, sans graisse et sans surprise, et qu’on puisse produire à la chaîne comme les Estafette et les Bic Cristal. En quelques décennies le cochon noir périclite. Si bien qu’en 1981, il ne reste plus dans le berceau historique de la race que 30 truies et deux verrats.

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