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CONVERSATION

Conversation. Georges Catala, de l’art de défendre

PAR Jean COUDERC | Photographie de Matthieu SARTRE
Temps de lecture 10 min

C’est l’une des figures majeures du barreau toulousain. En novembre dernier, Maître Georges Catala a fêté ses 50 ans de barre. Cinquante longues années au cours desquelles il aura milité auprès de Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort, et défendu prévenus célèbres et anonymes avec la même ferveur. Et la même angoisse de ne pas être à la hauteur. À l’occasion de la sortie du film Une intime conviction qui retrace en partie l’affaire Viguier, Boudu est allé à la rencontre de l’avocat qui a obtenu l’acquittement que (presque) personne n’imaginait possible.

Un demi-siècle après avoir prêté serment, vous souvenez-vous de l’idée que vous vous faisiez, jeune, du métier d’avocat ?

Il y avait dans le village à côté de chez moi un camp de gitans sédentarisés qui faisaient régulièrement l’objet de brimades et d’insultes. J’avais notamment assisté à une scène qui m’avait terriblement choqué. Je crois que c’est ce qui m’a donné envie de défendre, d’intervenir, de militer en faveur de la liberté des uns pour qu’elle ne soit pas écrasée par les autres. Et donc de devenir avocat.

Aucun atavisme familial ?

Certainement pas ! Je suis né à Via, à côté de Font-Romeu, au milieu des vaches, dans la Cerdagne profonde, d’un père directeur d’école et d’une mère libraire. La catalanité était très importante dans la famille, principalement parce qu’il y avait Franco de l’autre côté de la frontière. Cela entraînait chez nous, par réaction, un esprit de lutte et une sympathie à l’égard de tous les mouvements progressistes. Reste que ce milieu de gauche où la politique était très importante était quand même très lourd à porter. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’au moment de mon adolescence, je m’en sois un peu détaché pour m’adonner à l’une de mes passions, le rugby.

Et qui l’est resté, n’est-ce pas ?

J’ai en effet joué mon dernier match à 49 ans, à New York, aux côtés d’un certain nombre de personnages intéressants…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.