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REPORTAGE

Fresque presque fraîche

PAR Margot FOURNIÉ | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 5 min

Tous les Toulousains ont entendu parler de la basilique Saint-Sernin. Mais saviez-vous que cet édifice contient un trésor ? Il conserve en son sein une fresque romane datée de 1180 présentant un cycle de la résurrection complet. Depuis 2018, un service de soins intensifs attentifs a été mis en place pour revaloriser ce décor. Les restaurateurs de l’Atelier 32 Marie-Lys de Castelbajac et Gabriel Lacoste, et l’architecte en chef des monuments historiques de Haute-Garonne Jean-Louis Rebière, forment cette équipe. Grâce à eux la basilique Saint-Sernin dont on croyait tout savoir, continue de nous surprendre.

Passée la porte de Saint-Sernin, rien n’indique la présence d’un chantier. Il règne en ce lieu un silence de cathédrale. Il faut se diriger vers le transept nord pour trouver les premiers signes de travaux. Là, s’élève une haute palissade de bois d’où s’échappe un échafaudage. Le premier palier est éclairé par des lumières artificielles. Des outils, une table chargée de poudres colorées, occupent une partie de l’espace. Près de la fresque, Gabriel Lacoste s’active. Il étale, à gestes mesurés, une pâte sur un petit platoir triangulaire. Marie-Lys de Castelbajac, chignon flou et manières engageantes, l’observe. Les deux restaurateurs ne sont pas spécialisés dans la réhabilitation d’œuvres romanes. « J’aimerais bien, mais l’offre ne serait pas assez importante pour se consacrer seulement à cette période. Par contre, cette fresque est magnifique », souffle Marie-Lys de Castelbajac, en un sourire.

 

Pour restaurer la fresque, Marie-Lys de Castelbajac élabore elle-même ses mélanges à base de pigments naturels – les mêmes que ceux utilisés à l’époque – et d’eau.

 
Avant elle, ses prédécesseurs aussi s’étaient pris de passion pour la pièce. En 1972, ils ne s’attendaient pas à faire pareille découverte : une fresque romane conservée à Saint-Sernin ? Impensable ! Au départ, ils prévoyaient simplement d’enlever le faux parement ocre ourlé de noir qui tapissait les murs de l’édifice. Les décapages ont mené à la découverte fortuite de ces peintures.…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.