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PORTRAIT

James Colomina, rouge qui touche

PAR Julie GUÉRINEAU | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 7 min

Depuis que son Enfant au bonnet d’âne est apparu dans un dégueuloir du Pont-Neuf, James Colomina s’est fait une place dans le paysage artistique toulousain. Après les ruines d’AZF ou le socle de Jeanne d’Arc, l’ancien prothésiste dentaire s’attaque désormais à Paris. En pleine préparation d’une nouvelle performance dans la capitale, il nous a reçu dans son atelier. Un ancien consulat devenu ensuite club sulfureux et resto en faillite.

De James Colomina, beaucoup de Toulousains connaissent les œuvres, certains connaissent le nom, mais peu connaissent le visage et l’histoire. Alors quand on arrive devant le haut portail noir et opaque de sa maison, on se demande avec curiosité qui se cache derrière. Et quand le portillon s’ouvre, le contraste est saisissant. Avec son jean maculé de tâches rouges, ses lunettes branchées et son bonnet gris sur un crâne lisse, sa dégaine n’a sûrement pas grand-chose à voir avec celle des anciens occupants de sa bâtisse. Une maison cossue coincée entre le Canal du Midi et les voies de chemin de fer ; tour à tour bureau diplomatique, club sulfureux, resto chic et squat. Du faste et de l’histoire de l’ancien consulat d’Autriche, James Colomina n’a conservé que le nom : l’Ambassade. Débarrassée de ses atours baroques, la maison accueille aujourd’hui l’appartement qu’il partage avec sa femme et ses deux enfants, son showroom, et l’atelier dans lequel il moule et coule ses fameuses sculptures rouges.
Le rez-de-chaussée est dépouillé à l’extrême. Parsemé d’assises aux formes féminines généreuses, et occupé en son centre par une longue table noire dessinée par l’artiste lui-même. Rares tâches de couleur dans un océan monochrome, un alignement de sculptures d’un rouge flamboyant. Ses œuvres. Des enfants pour la plupart. Une petite fille portant un masque à gaz relié à un ourson y côtoie un garçon au doigt crispé sur le détonateur d’une ceinture explosive de bouteilles de Coca, ou un Pinocchio tout juste libéré de ses ficelles.…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.