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RÉTRO 80

80’s à Toulouse : la petite Movida

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 7 min

Soirées revival, sweats à messages sur le dos des lycéens, Baudis au fronton de l’aéroport de Blagnac, carton de la tournée Stars 80 le mois dernier au Zénith…  À Toulouse, les années quatre-vingt adoucissent l’air du temps comme le Tang sucrait jadis l’eau du robinet. Pour profiter de ce parfum libre et doux, Boudu ouvre archives et guillemets pour une évocation feuilletonnée de cette décennie toulousaine de succès sans soucis. Après le rock underground, on continue ce mois-ci avec une réminiscence des années tube. Douze millions de 45 tours vendus en 10 ans par les Mader, Ester, Gold, Images, Kazero, Pacifique et consorts. Des Toulousains qui ont fait danser la France sans quitter leur ville, et étanché leur soif de succès sans jamais prendre leur gloire au sérieux.

On est en 1984 au mois de juin. Le temps est clair. L’air doux. Une voiture s’engage vitres ouvertes et RMC à fond sur la voie de droite du Grand-Rond. Son conducteur s’appelle Jean-Pierre Mader mais ce nom ne dit encore rien à personne. Le voilà qui amorce le tour du Jardin des Plantes. La radio crache les dernières mesures de Toute première fois de Jeanne Mas, quand soudain… Disparue, qu’il a écrite et composée avec Richard Seff, résonne dans l’habitacle. Une chanson étrange, déclinaison pop de la « pensée triste qui se danse » : « C’était comme voir la mer pour la première fois. J’ai arrêté la voiture, un peu hagard, et le monde s’est ouvert devant moi. Passer en juin sur RMC, c’était l’assurance de faire partie des tubes de l’été. Je me suis dit : “C’est fait, tu y es !” ».

Sans le savoir, Jean-Pierre Mader vient d’inaugurer une décennie de succès toulousains aussi fulgurants qu’inattendus. Une lame de fond musicale qui déferlera sur la France pendant l’âge d’or du Top 50, avant de disparaître en même temps que le vinyle.

 Il y avait une saine concurrence qui se matérialisait par notre classement au Top 50.

Dans son sillage s’engouffrent bientôt Gold (Plus près des étoiles, Ville de lumière, Capitaine abandonné), Images (Les démons de minuit, Maîtresse), Kazero (Thaï Nana), Pauline Ester (Oui, j’l’adore), etc. Leurs chansons, d’une efficacité redoutable, feront danser les Français des décennies durant, et colleront à leur mémoire involontaire comme…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.