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INTERVIEW

Sylvain Sarrailh, trop stylet

PAR Charlotte CAUSIT | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 5 min

Si vous aimez les jeux vidéo à grand spectacle, il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà traversé un décor conçu par le Toulousain Sylvain Sarrailh. Cet artiste numérique peint pour les plus grands studios de films d’animation ou de jeux (Dreamworks, Electronic Arts, Sony, Ubiosoft…) des éléments de paysage ou des illustrations conceptuelles. Un labeur indispensable rarement mis en avant auprès du grand public, qui méritait bien de faire sortir de sa réserve cet artiste aussi discret que méconnu, qui considère l’art numérique comme un exercice d’humilité, et la notoriété comme une drogue dangereuse.

Quel genre d’artiste êtes-vous ?

Je suis illustrateur numérique. Plus précisément concept artist. Je réalise des illustrations conceptuelles pour des films d’animation ou des jeux vidéo. Par exemple, pour réaliser un film comme Le Seigneur des Anneaux, il faut dessiner et concevoir l’univers et l’architecture dans lequel vont évoluer les personnages. Mon travail consiste à réaliser cette réflexion artistique et à proposer des vues d’artistes.

Vous dessinez donc le décor ?

Cela dépend du budget et de l’équipe à vrai dire. Parfois je ne dessine que l’environnement dans lequel l’action et les personnages vont évoluer et d’autres fois je fais tout. Souvent on me demande de fournir une vision artistique d’une idée, une sorte de vision esquissée d’une image finale du produit afin de déterminer quel est l’objectif visuel à atteindre dans la production.

Évocation de Toulouse réalisée lors d’un atelier

Ce n’est donc pas vous qui réalisez la vision finale ? 

Non, à part dans le jeu Forrest of Liars dont je suis le co-créateur. Mon travail s’inscrit dans une chaîne de production. Je ne suis jamais à l’abri que l’on change tel ou tel aspect de mon illustration.

N’est-ce pas frustrant ?

Pas du tout ! Je sais que ça ne conviendrait pas à ces artistes écorchés-vif qui ne supportent pas de voir leur travail modifié. C’est en…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.