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INTERVIEW

1000 degrés : Podcast explosif

PAR Marie HIRTZBERGER
Temps de lecture 6 min

© Frédéric Klemczynski - Divergence

« Il est seize heures, et on arrive sur le lieu du crime. » Ainsi commence le trépidant podcast d’Emilie Denètre et Adèle Humbert. Une investigation narrative qui joue avec les codes des séries Netflix et use des nouveaux modes d’écriture sonore. Depuis sa mise en ligne le mois dernier, la série rencontre un succès considérable sur les plateformes de téléchargement, et rappelle au souvenir des Toulousains le fait divers qui lui tient lieu de prétexte : l’explosion en 1994 d’un colis piégé devant l’entreprise des époux Hernandez, à Portet-sur-Garonne… 

Pourquoi avoir choisi l’écriture narrative pour mener cette contre-enquête ?

Emilie Denètre : Cela permet de toucher des auditeurs jeunes, aculturés aux codes des séries. Mais il y a aussi des publics un peu plus âgés ! Je suis maman, et à la sortie de l’école, plusieurs mamans d’élèves m’ont dit qu’elles avaient accroché. Elles ne savaient pas forcément dire pourquoi, mais les cliffhangers (fins à suspense, ndlr), ces codes que l’on retrouve dans les séries, touchent un public large. Et si notre podcast permet également de comprendre certaines notions judiciaires (le fonctionnement de la cour d’assises, le rôle du juge d’instruction…), alors nous avons rempli notre rôle !

Quels formats, quels podcasts vous ont inspirées ?

Adèle Humbert : J’ai étudié les techniques de l’écriture narrative à l’université de Columbia, à New York. J’ai beaucoup appris de Sarah Koenig (journaliste et productrice de radio américaine, créatrice du podcast d’investigation Serial, ndlr). L’écriture sonore est quelque chose que je n’avais jamais eu la chance d’expérimenter en France. Mais Serial n’est pas notre seule source d’inspiration. On peut citer aussi le podcast Disparue(s), diffusé sur Radio Canada.

E.D. : Ces codes narratifs sont très naturels aux États-Unis : l’utilisation du « je » et du « nous », les cliffhangers, le dévoilement des coulisses de l’enquête… Mais ce n’est pas une simple copie. Nos fins à suspense ont un sens, elles sont raccrochées au dossier. Nous avons suivi les règles journalistiques du contradictoire, confronté les sources, et respecté les codes propres à n’importe quel journaliste.…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.