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RÉCIT

Chronique de la défonce ordinaire

PAR Héloïse THÉPAUT
Temps de lecture 6 min

D’après l’Observatoire français des drogues et toxicomanies 8 % des jeunes Toulousains  (contre 6,8 % à l’échelle du pays)  ont déjà touché à l’ecstasy, à la MDMA, à la cocaïne ou aux champignons hallucinogènes. Boudu s’est glissé pour une nuit dans un de ces groupes d’amis pour qui la défonce banalisée est devenue l’alpha et l’oméga d’une soirée réussie.

21h30. Début de l’apéro. Dans le salon d’un petit appartement toulousain, sous les toits, les cendriers sont remplis de mégots et de joints fumants. La table basse est couverte de bouteilles entamées. Dans un coin, deux enceintes tremblent sous les coups de boutoir de la musique rythmique. Ils sont six- étudiants, ingénieurs, cadres ou employés administratifs – et partagent une passion pour les soirées techno. De celles qu’on passe dans les boîtes et les salles de concert, et qui ne prennent fin qu’au petit matin. Et pour tenir jusqu’à l’aube tout en gardant la force de taper du pied, il faut du carburant. Au menu : MDMA (amphétamines), ecstasy et cocaïne. Voilà des années qu’ils ont pris cette habitude. Un moyen comme un autre d’échapper au quotidien. Louis, un grand blond musclé, raconte en tirant sur sa cigarette : « La première fois que j’ai pris de la MD j’avais 17 ans. Et après j’ai testé la coke et le taz (l’ecstasy, ndlr) vers 18-19 ans. J’ai vite aimé ça, ça me donnait une sensation de liberté et de confiance en moi et comme j’en manquais pas mal à cette époque, j’ai continué à en prendre ».

Pour le moment, il n’est pas question de drogue dure. Chacun carbure à la vodka, à la bière ou au rhum. L’ambiance est bon enfant et la conversation animée. Un joint tourne autour de la table, mais seulement entre deux personnes. Thomas, jeune cadre dans le bâtiment, est le premier à avoir…

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Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.