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INTERVIEW

Didier Barbelivien : Éloge du poids lourd

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 5 min

Parce que né à Paris et auteur de centaines de tubes pour Sardou, Hallyday, Christophe, Bécaud et tant d’autres, Didier Barbelivien ne peut être soupçonné ni de complaisance professionnelle ni de préférence régionale à l’égard de Claude Nougaro. Cela ne donne que plus de portée aux louanges dont il le couvre à la simple évocation de Paris mai ou de Nougayork.

Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez entendu Nougayork ?

Comme si c’était hier. J’ai découvert la maquette chez Warner grâce à mon copain Jacques Metgès. Il était comme un fou. Il hurlait: « Je vais te faire écouter un truc… Tu vas voir, tu vas tomber raide par terre ! » À la première écoute, j’ai compris que ce serait un tube. « Dès l’aérogare / J’ai senti le choc… », c’est génial ce parcours de fou sur les rimes en -are et en -oc !

Comment a réagi le petit milieu de la chanson à ce virage à 180° de Nougaro ?

Ils ont été un peu surpris, dans le métier. Mais bon. Dans le métier, ils sont toujours surpris. Bien sûr, entre le jazz de ses débuts et la musique de Philippe Saisse, il y avait un fossé musical, mais c’est justement ça qui était jubilatoire. Donc oui, certains faisaient la fine bouche, mais c’était pas étonnant. Nougaro ça volait trop haut pour eux. Ça leur passait au-dessus de la tronche. Mais pour ceux qui l’aimaient vraiment, cette évolution coulait de source.

On nous vend Gainsbourg comme le génie absolu de l’écriture, mais Nougaro est au-dessus.

Vous faisiez partie de ces inconditionnels ?

J’écoute Claude Nougaro depuis l’âge de 10 ans. Et c’est encore l’artiste que j’écoute le plus. J’ai toujours un de ses albums dans la bagnole. Le destin a voulu que ce soit le premier chanteur que…

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