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Médics

Photographie de Alain PITTON

Chaque samedi, ils bouclent leur vingtaine de kilomètres avec leur barda à travers la ville. Avec pour costume un tee shirt blanc barré d'une croix rouge, un casque, des lunettes de ski et un masque à gaz, ils sont inratables pour qui cherche de l'aide. Dans la vie, ils sont technicien aéronautique, prof de philo, manager; elles sont étudiante, serveuse, logisticienne. Boudu les a suivi pendant six mois.
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Médics

Photographie de Alain PITTON

  • « Notre champ d’action est d’abord de faire les gestes de premiers secours basiques et, si besoin, l’appel aux pompiers ou au SAMU. »
    Jacques

  • « Dans leur grande majorité, les médics sont des sympathisants et/ou des gilets jaunes. La différence entre les "street medics", qui n’aident pas les policiers, et nous les "médics" vient du fait que nous essayons de rester neutres. Nous portons secours à tout le monde : manifestants, passants, policiers. Je pense que notre attitude permet une tolérance des forces de l’ordre à notre égard. Une des premières interventions que nous avons faite concernait justement un membre des forces de l’ordre pour une pompe à insuline cassée : le groupe avait donc ramené une aiguille à insuline ! Nous sommes d’ailleurs le seul groupe à avoir été reçu par la préfecture. »
    Guillaume

  • « Le 13 avril les scènes de violences se sont superposées les unes aux autres. Quand l’adrénaline est redescendue, le dimanche au réveil, j’étais une épave. je revivais les mêmes moments encore et encore, je réentendais les sons, les cris… »
    Camille

  • « C’est un moyen de sortir la tête de son quotidien, de rencontrer de nouvelles personnes. »
    Eloi

  • « On retrouve une grande diversité dans notre groupe. Il y a bien sûr des personnes venant du milieu médical/hospitalier (infirmiers, sage-femme, aide soignants), mais aussi d’ex-militaires, des commerçants, une contrôleuse qualité, un régisseur, un manager, des professeurs, des agriculteurs, un chef de projet... Bref c’est le reflet de notre société ! »
    MP et Guillaume

  • « La "bulle" permet de protéger les soignants, la victime, d’observer la situation et d’évacuer le plus vite possible. La victime se sent sécurisée. Ce périmètre est également censé éviter que l’on se fasse viser durant les soins. Il est important quand il y a foule, pour diriger la victime. »
    Gaël

  • « Comme dans tout groupe humain dans des situations difficiles, des liens affectifs se créent forcément. Comme nous vivons des situations très anxiogènes, nous sommes obligés de nous faire confiance. Et oui, évidemment, des amitiés se développent à la longue : pour certains, cela fait bientôt 6 mois que nous sommes sur le terrain les samedis ! »
    Ophélie

  • « De ce j’ai pu voir depuis le début du mouvement, je n’ai pas vu les casseurs agir en premier mais plutôt réagir en réponse à la violence des forces de l’ordre. »
    Aurélie

  • « La lacrymo, on ne s’y habitue pas vraiment car elle est plus concentrée, plus agressive que lors des autres manifestations. Parfois, les gaz passent à travers les masques et on a les yeux et les poumons qui brûlent. L’usage de ces gaz est souvent abusif : ils n’y vont pas de main morte ! Rien ne nous dit que nous n’aurons pas à en subir les conséquences d’ici quelques années. »
    Vanessa

  • « Quand nous pensons avoir à intervenir, on reste concentrés en permanence car nous savons pourquoi nous sommes là : veiller sur les soignants, les victimes qu’elles soient du côté des manifestations ou des forces de l’ordre. On ne peut pas "déconner en service" ! Par contre, durant les moments plus calmes, on se repose, on se parle, on se confie, on blague : on discute beaucoup entre nous. On discute également avec les manifestants et, s’ils le veulent bien, avec les forces de l’ordre. »
    Stéphane

  • « Mon job est de ramener tout le monde entier le samedi soir mais aussi de pouvoir assurer des soins d'urgence en milieu parfois très hostile. Tout ça ne peut se faire qu'avec une équipe soudée où chacun sait qu'il peut compter sur l'autre. Que ce soit pour se déplacer, éviter les coups ou secourir. Avec l'habitude, on sait qu'on a toujours une paire d'yeux qui voit ce qu'on ne voit pas, qui regarde là où on ne peut pas regarder. »
    Eloi

Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.