retour haut de page

INTERVIEW

Carole Delga : «  L’urgence écologique ne doit pas empêcher les gens de se déplacer »

PAR Jean COUDERC | Photographie de Rémi BENOIT et Matthieu SARTRE
Temps de lecture 7 min

Il y a quelques semaines, sa tirade médiatique contre la SNCF n’est pas passée inaperçue. À croire que l’on ne sort pas indemne d’une enfance à Martres-Tolosane. À l’heure où certains prônent, dans un contexte d’urgence écologique, une diminution des déplacements, la présidente du Conseil régional d’Occitanie revendique haut et fort le droit, pour les citoyens de notre région, de se déplacer où bon leur semble. Et exhorte les collectivités locales, comme l’État, à travailler de concert. Boudu lui a demandé de préciser sa pensée.

Que vous inspire le concept de mobilité ?

Il m’inspire progrès et lien. Je pense que l’on a besoin de relier les gens. Et ce, de tout temps. Quand on regarde l’exode rural, on s’aperçoit que c’est la mobilité, c’est-à-dire le fait d’aller chercher du travail, qui a complètement redessiné la carte de la France. Plus récemment, dans le mouvement des gilets jaunes, on voit bien que c’est la question de la mobilité, avec la voiture, qui a mis
le feu aux poudres. Mais on a vu aussi qu’il y avait un besoin de
se retrouver.

Pourquoi estimez-vous que la mobilité est un progrès ?

Venant d’un milieu rural, c’est une évidence pour moi. Quand on est jeune, et assigné à Saint-Gaudens ou à Martres-Tolosane, on trouve les journées longues ! De même qu’aller à Toulouse, c’était un voyage. Et monter à Paris, une expédition ! C’est pour ça que j’ai toujours cette association, presque inconsciente, de mobilité = progrès. Plus globalement, on voit bien qu’au fil des siècles, c’est la mobilité qui a construit la société. C’est quand il y a eu une mobilité beaucoup plus forte qu’il y a eu une recomposition sociale. La mobilité physique a entraîné une mobilité sociale plus forte.

Reste que le concept de mobilité ne recouvre pas tout à fait le même spectre qu’au siècle dernier, n’est-ce pas ?

En effet. Il y a aujourd’hui une déconnexion très claire entre le lieu de travail et le lieu…

Achetez le magazine en pdf ou en papier pour lire la suite
Lire la suite

Partagez

Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.