Enquête

Conduire sans posséder

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le 6 juillet 2019 Temps de lecture : 5 min.
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La voiture personnelle n’a plus la cote en ville. En posséder une n’est plus le marqueur social de jadis. S’en servir est devenu, pour beaucoup, l’ultime recours. Pour ces derniers, à Toulouse, deux opérateurs proposent de réserver des véhicules en libre-service pour un trajet donné, garés à différents endroits de la ville. Le service a mis quelques années à se développer, mais aujourd’hui l’autopartage est devenu un automatisme.

Si à Paris les Autolib' ont déserté les rues depuis l’été 2018, à Toulouse, les véhicules partagés gagnent du terrain. « Notre chiffre d’affaires est en expansion depuis deux ans. Plus 42 % en 2017 et plus 17 % en 2018 », s’enthousiasme Céline Soulié, directrice générale de la coopérative Mobilib qui développe notamment les véhicules Citiz dans l’agglomération toulousaine. Citiz est le premier acteur privé à s’être lancé dans l’autopartage à Toulouse, il y a 11 ans. Le principe est de louer, pour quelques heures ou quelques jours, un véhicule stationné en ville ou proche banlieue, et de payer uniquement pour son utilisation. Pas de rendez-vous chez le garagiste ni de dépenses imprévues pour remplacer les plaquettes de frein.

Une voiture en autopartage, c’est 8 à 10 véhicules de moins sur la chaussée.

En 2009, lorsque Citiz démarre son activité, les utilisateurs sont peu nombreux. Il est d’autre part difficile de disposer de places réservées pour garer les véhicules. Si Autolib’ n’existe plus aujourd’hui à Paris, le modèle a paradoxalement permis à Citiz de se développer. « Lorsqu’Autolib' est arrivé sur le marché à Paris, tout le monde a tout de suite compris de quoi on parlait », explique Céline Soulié. Du côté des pouvoirs publics, la Scop (Société coopérative et participative) a rapidement bénéficié du soutien de la municipalité, qui a mis à disposition des places de parking en surface. Logique, pour Céline Soulié : « L’autopartage rend un service public aux villes. Toulouse est en plein développement démographique. Les problématiques de stationnement et de qualité de l’air pèsent sur les collectivités. Une voiture en autopartage, c’est 8 à 10 véhicules de moins sur la chaussée. Il est très intéressant pour une ville que cela soit pris en charge par le secteur privé ».

En 2016, un nouveau modèle,1

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