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INTERVIEW

Jean-Michel Lattes : Du rififi sur la chaussée

PAR Sébastien VAISSIERE | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 5 min

Les habitués de la novlangue des mobilités vous diront que le dynamisme démographique de la métropole toulousaine conjugué à la multiplication des modes de mobilité douce, génèrent une dégradation significative du vivre ensemble caractérisée par un accroissement des échanges verbaux d’intensité élevée. Ceux qui pratiquent le français courant vous diront, quant à eux, que plus il y a de monde, plus il y a de trucs qui roulent, et plus les Toulousains s’engueulent. Deux énoncés différents mais un seul problème, que déplore Jean-Michel Lattes, à la fois premier adjoint au maire en charge des déplacements, et usager quotidien des pistes cyclables.

Les relations entre les usagers de la voie publique se tendent. Il suffit de circuler en ville pour s’en apercevoir. Que se passe-t-il ?

Je suis moi aussi frappé par cette agressivité.  L’espace public est de plus en plus limité, et les outils pour se déplacer de plus en plus nombreux. Fatalement, cela crée des conflits. Et quand on est le premier adjoint aux déplacements, on est naturellement le creuset des affrontements entre les utilisateurs de chaque mode de transports. Les plus caricaturaux en la matière, ce sont les cyclistes.

Pourquoi  ?

Il faut reconnaître que les cyclistes sont très agressifs, sans doute à juste titre. Je peux en parler librement : je suis cycliste moi-même, et membre d’associations en faveur du vélo depuis les années 1980. Ils ont longtemps souffert (et souffrent encore) du comportement dominateur des automobilistes. Tout naturellement, quand ils se retrouvent en position dominante, face aux piétons, ils reproduisent ce schéma dominant-dominé. Je reçois de plus en plus de courriers très durs de piétons exaspérés qui me demandent d’agir urgemment.

Pourquoi sommes-nous devenus si agressifs ? Est-ce un impondérable de l’époque ? Un défaut d’éducation ?

C’est lié à l’outil individuel de transport. Et quand je dis outil individuel de transport, j’inclus le piéton. Dès qu’il y a autonomie sur la chaussée, il y a agressivité. C’est lié à tout déplacement. Mais dès qu’on est dans une logique de transport collectif, les comportements sont différents.

D’où l’extrême politesse des…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.