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ÇA SE PASSE AUSSI EN OCCITANIE

La Grande Motte : un idéal de mobilité

PAR Sébastien VAISSIERE
Temps de lecture 5 min

Il y a cinquante ans, en plein âge d’or de la civilisation automobile, l’architecte-philosophe Jean Balladur faisait surgir des sables mouvants du Languedoc une ville offerte au piéton, au cycliste, au végétal et à la lenteur. Une cité dont n’oseraient même pas rêver les associations pro-vélo d’aujourd’hui, et qui doit son existence aux atouts maîtres dont jouissait son concepteur : le temps, l’espace… et les pleins pouvoirs.

Le 14 juin dernier, c’est à La Grande Motte que le Conseil de l’ordre des architectes d’Occitanie a choisi d’organiser son traditionnel Rendez-vous de l’architecture. Sur les 400 professionnels présents, l’écrasante majorité s’est pliée à l’exercice de la visite guidée.
À cela, rien d’étonnant : la station balnéaire emblématique de l’aménagement de la côte languedocienne par de Gaulle et Pompidou a toujours eu la cote chez les architectes. Ses immeubles pyramidaux autorisant à chaque balcon une place au soleil ; sa proportion un tiers béton / deux tiers végétal ; son dialogue permanent entre dieu soleil, sainte famille et trinité républicaine ; ses inévitables sous-entendus maçonniques ; ses modénatures, ses jeux d’ombre et de lumière… Tout concourt à faire de cette cité de 9 000 habitants l’hiver et 100 000 l’été, le totem des architectes et des urbanistes.

À Toulouse ou à Montpellier, je trouve hallucinant qu’on ne pense jamais au confort du piéton. 

Pour les autres, le coup de foudre fut immédiat en 1968, mais la suite fut moins passionnée. Devenue le symbole abhorré du tourisme de masse, du béton et de l’indifférenciation, La Grande Motte fut traitée par le mépris au cours des décennies 1990 et 2000.

Depuis quelques années pourtant, le goût du vintage et l’intérêt croissant de la population pour la question de la mobilité douce braque à nouveau les projecteurs sur La Grande Motte. Il faut reconnaître qu’en matière de déplacement, le parti pris de l’architecte-philosophe Jean Balladur, cousin d’Édouard et ancien disciple de Jean-Paul…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.