retour haut de page

PORTRAIT

Odile Maurin : L’empêcheuse de tourner en rond

PAR Jean COUDERC | Photographie de Rémi BENOIT
Temps de lecture 11 min

Impossible, depuis le début des manifestations des gilets jaunes, de passer à côté d’Odile Maurin. Véritable porte-étendard du mouvement depuis qu’elle a osé défier, seule avec son fauteuil roulant, un camion lanceur d’eau des CRS, elle n’en est cependant pas à son premier fait d’armes. Depuis plus de 20 ans, elle fait entendre sa voix, et sa différence, pour obtenir les mêmes droits que les valides. Boudu est allé à la rencontre de cette femme à qui la vie n’a rien épargné, qui a souvent été sur le fil du rasoir mais qui a fini par trouver dans sa haine de l’injustice le moteur de son existence.

 » Où est votre matricule RIO ? Je veux voir votre matricule RIO ! «   Pour n’importe quel habitué des manifestations de ces derniers mois dans les rues toulousaines, cette phrase porte une signature, celle d’Odile Maurin, véritable pasionaria du mouvement des gilets jaunes s’adressant aux forces de l’ordre. Son moment de gloire ? Le 12 janvier dernier, lors de la 8e semaine de mobilisation, lorsque, seule contre tous, munie de son masque à gaz et de son fauteuil roulant, elle empêche un camion CRS d’avancer, n’hésitant pas à traiter les forces de l’ordre de « bande de salopards ». Mi-admirative, mi-interloquée, la ville entière, et même au-delà, découvre ce jour-là une femme à la langue bien pendue, que rien ne semble pouvoir arrêter. Au point que certains n’hésitent pas à la traiter d’illuminée ou de kamikaze. Sinon qu’Odile Maurin n’est ni l’une ni l’autre. Miraculée, en revanche, oui.

Née à Paris d’un père de droite, cadre dans le domaine du transport, souvent absent mais avec lequel elle partage la passion des sports auto et du bricolage, et d’une mère de gauche, fonctionnaire, elle découvre très vite ce que les divergences de vue signifient. Après avoir beaucoup bougé au gré des changements de poste de son père, elle se fixe en région parisienne où son enfance est marquée par la lecture, un côté garçon manqué très prononcé – « J’avais compris très tôt que les garçons et les filles n’avaient pas les mêmes droits. » – et des conflits permanents avec…

Achetez le magazine en pdf ou en papier pour lire la suite
Lire la suite

Partagez

Qui sommes-nous?

Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.