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REPORTAGE

Un dernier rail pour la nuit

PAR Valentin SCHOLZ
Temps de lecture 6 min

C’est l’une des trois dernières lignes nocturnes en France. Menacé de suppression par la SNCF, le train de nuit reliant Toulouse à Paris s’accroche à la vie. Ses usagers, de tous horizons, lui sont fidèles et ne souhaitent en aucun cas sa mort. Récit d’une nuit passée dans l’historique « Train bleu », bercé par les ronflements des voisins et le ronron des wagons.

Chaleur étouffante. La nuit est tombée il y a une dizaine de minutes à Toulouse. Trois jeunes touristes discutent en arabe en pénétrant dans la gare Matabiau. « Paris, c’est par là. Voie numéro 1 », leur signale un employé de gare, vêtu en orange fluo pour être mieux distingué dans l’immense hall. Les trois valises virent à gauche et empruntent dans la destination indiquée. Au loin, une file d’attente. Les voyageurs présentent à tour de rôle leur titre de transport aux agents de la SNCF, reconnaissables à leur gilet, leur casquette bleu marine à liserés rouges, et leur boîtier électronique.

Les contrôleurs guident les passagers du train de nuit vers leur sommeil. À 22h30, le train numéro 3730, à destination de Paris-Austerlitz, s’enfoncera dans la nuit. À son bord, une famille chilienne, un touriste américain, des salariés parisiens, de jeunes vacanciers toulousains… Ils prennent tous le dernier train de la journée. Parce qu’ils n’avaient pas le choix. Parce qu’il est plus économique. Parce qu’ils le chérissent, ce train de nuit.

« J’adore ce train parce qu’on n’y perd pas son temps », défend Aurore, kinésithérapeute à Rangueil. Sa couverture et son oreiller sont en place. La délicate lumière de la liseuse brille à peine…

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Boudu est un magazine de société qui ambitionne de raconter Toulouse et sa région différemment. Généraliste et indépendant, il est distribué à 12 000 exemplaires dans la grande région toulousaine. Il s’agit d’un magazine de presse écrite, disponible chez les marchands de journaux. Il est édité par la Scop ARL Trente&Un, une coopérative fondée en 2014 par quatre journalistes toulousains.